Cécile : Infirmière, voyageuse et maman. La famille Sac à dos !


Grâce à notre formulaire de contact, il y a quelques temps, nous avons fait la connaissance de Cécile : Infirmière, voyageuse et maman. La famille Sac à dos ! Elle est infirmière, elle aime voyager et découvrir de nouvelles régions à travers son métier et, depuis peu, elle en parle sur son blog. En lisant ses articles, j’ai adhéré à 100% à leur choix de vie…

Salut Cécile, est ce que tu peux te présenter ?

Je suis maman, infirmière, en couple avec un infirmier. J’aime découvrir, voyager, contempler des paysages, profiter de ce qui m’entoure, écouter les histoires des gens que je rencontre. Je me vois vivre (presque) partout.

Quel est ton parcours ?

J’ai passé mon diplôme d’infirmière en 2009. J’avais envie de voyage, mais pas de tourisme. Je suis partie faire “le tour de France”, et très vite j’ai rencontré mon ami qui a été séduit par mon projet. Il avait lui aussi pour projet de partir dans un dom-tom. Nous avons continuez ensemble et nous sommes partis dans quelques villes (Sospel, Bastia, Bagnière de Luchon, Bergerac) puis en Guyane où nous sommes restez 9 mois. Nous sommes rentrez en métropole et avons continué notre périple (la Bourboule, Perpignan, Toulouse). Nous sommes aujourd’hui dans le Quercy (dans le département du Lot) depuis presque un an, nous avons l’impression d’être sédentaire (ou bien à mobilité réduite).

J’ai travailler dans différents services (médecine, chirurgie, gériatrie, urgence, pédiatrie, maternité, HAD, mais aussi en libéral), je suis restée sur un poste d’une journée à 4 mois.

Cécile : Infirmière, voyageuse et maman. La famille Sac à dos !

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Tu as créé un blog récemment qui s’appelle “Famille sac à dos”, peux-tu nous en parler ?

En effet, j’ai créé ce blog il y a peu. Je ne sais pas bien pourquoi. J’y écrit nos aventures, l’avancé de nos projets… Ça me permet de poser un peu les choses. Et puis l’idée était aussi de permettre à nos amis que nous voyons rarement, à cause de notre mode de vie, de nous suivre. Il leur arrive parfois d’avoir un train de retard !

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Pourquoi avoir choisi de parcourir la France pour travailler ? Qu’est ce que ça vous apporte ?

Nous avions envie de découvrir les richesses des régions françaises, casser nos idées reçues. Nous tentons de nous intégrer aux mieux, selon nos rencontres et notre disponibilité du moment, c’est plus ou moins facile.

Ça nous apporte déjà au point de vue professionnelle, car nous avons vu beaucoup de services avec leur organisation, leurs protocoles… Nous développons ainsi nos connaissances et notre adaptabilité. En revanche nous n’avons pas vraiment approfondi de spécialités !

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Au point de vue personnelle, ça nous permet de revenir sans cesse à l’essentiel, chaque déménagement nous impose de nous défaire de biens matériels qui seraient trop encombrant et inutile, et lorsque nous achetons nous nous faisons souvent la réflexion “est ce indispensable? Lorsque nous déménagerons, qu’en ferons nous ? Comment le transporter ?”.

Et puis pour moi qui suis timide, ça m’oblige à aller vers les autres ! Ça nous permet aussi de développer notre non jugement. Nous avons constater que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs! (On s’en doutait un peu.)

Comment se passe ton intégration dans les différents établissements ?

Cela dépend des services bien entendu ! J’ai appris à m’adapter rapidement. Souvent, je suis bien aidée par mes collègues. Au début de ma carrière, je faisais régulièrement des missions intérimaires de courte durée, je prenais mon service avec une fiche de poste et sans encadrement. A plusieurs reprises, des soignants m’ont dit qu’ils ne trouvaient pas normal qu’une jeune infirmière fasse ça. Je comprenais tout à fait ce point de vue, mais pour réaliser ses rêves il faut savoir se mettre en difficulté. Finalement, je me suis bien entendu avec ces personnes, certainement grâce à leur franchise.

Régulièrement les établissements et nos collègues essaient de nous convaincre de rester. Ils nous vantent leur région… Mais ils prêchent des convaincus. Nous ne partons pas parce que ça ne nous plait pas !

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Il arrive que des cadres profitent de notre passage pour avoir un point de vue extérieure sur leur service. Au point de vue matériel, les établissements nous ont souvent proposé un logement, nous avons pu négocier notre salaire et des frais de déplacement. Depuis 2011, les négociations se sont compliquées.

En règle général notre intégration se passe bien. Mais je ne me force pas à rester dans un endroit où je ne me sens pas bien, soit à cause de la charge de travail, soit lorsque l’ambiance de service ne me convient pas, soit quand je me rend compte que je ne suis pas à l’aise avec la spécialité. Par exemple, récemment je travaillais dans un EHPAD et je faisais aussi du libérale. Je me suis aperçue qu’en ce moment, voir des personnes âgées en institution me dérangeait (ce qui n’a pas était toujours le cas), je me suis donc concentrée sur le libéral. J’estime que mon métier m’offre assez d’opportunités d’embauche et de diversités de service pour que je fasses un peu la difficile.

Quels sont les regards que tu ressens par rapport à votre « philosophie de vie » ?

Les regards sont variés. J’ai rencontré des gens qui ne comprennent pas du tout. Dans les Pyrénées, un collègue me confiait (pour m’expliquer son incompréhension) que s’il ne voyait pas ses montagnes il était malheureux. Ce qui est mal compris c’est que nous n’avons pas vraiment de chez nous. Mes parents aimeraient évidemment que nous nous installions près de chez eux, ils appréhendent nos départs, mais ils ne nous retiennent pas, et se demandent pourquoi nous continuons.

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J’ai souvent entendu “si j’étais jeune”, “si je pouvais”, par les personnes qui ont envie de voyage. Je pense qu’il faut parfois savoir trouver les opportunités, ce que nous faisons n’a rien d’extra ordinaire. Nous avons rencontrer d’autres personnes qui font comme nous, qui ont visités bien plus de lieux… C’est vrai que ça demande un investissement, des recherches perpétuelles, pour trouver des propositions de postes intéressantes. Ça nous impose de faire des concessions sur la vie sédentaire, c’est un choix.

Il y’a des personnes qui posent des questions, pourquoi nous faisons ça, cherchons nous quelque chose… Alors non, nous ne cherchons rien! Nous voulons seulement découvrir les cultures, les régions, les paysages… Notre métier est parfait pour ça! En plus des collègues, nos patients nous disent les endroits à voire, et racontent l’histoire de leur pays. C’est bien plus intéressant qu’avec un guide.

“Comme d’autres construisent une maison, nous voyageons, déménageons…”

 

Quels sont tes plus beaux souvenirs de voyages ? Où as-tu préféré vivre ?

C’est une question difficile, nous avons apprécié chaque destination. Chacune a ses paysages, ses rencontres.

J’ai aimé vivre partout. La Guyane a été vraiment dépaysante, une grande diversité culturelle, au milieu d’une forêt amazonienne où la nature règne (je l’ai longuement contemplée de mon hamac). J’y ai découvert des conditions de vie totalement différentes.

Parfois je souris en me souvenant d’incompréhension. En Corse, par exemple, mes collègues se révoltaient contre des situations que je trouvais normales, et parfois ils trouvaient normales des situations qui ne l’étaient pas à mes yeux. Ça donne des situations assez cocasses.

A bien y réfléchir, je dirai que mon plus beau souvenir de voyage a quand même été la rencontre avec mon ami. Il m’a fait découvrir un petit coin de paradis et m’a fait passer de super moments. Et le pire c’est qu’il continu !

Cécile : Infirmière, voyageuse et maman. La famille Sac à dos !

As-tu eu l’occasion de voyager à l’étranger ? d’y travailler ?

J’ai voyagé à l’étranger uniquement pour y faire du tourisme. Je n’ai jamais travailler à l’étranger. Le problème est mon niveau en langues. I can try to speak english, mais c’est insuffisant pour travailler. Nous avons déjà débuté la paperasse pour une immigration au Québec, mais nous avions abandonné et avons eu une autre opportunité. Ce n’est pas un projet  que nous avons oublié.

Quel est ton regard sur ton métier d’Infirmiers en France ?

J’ai souvent le sentiment que notre charge de travail est bien trop importante. Ce que je préfère dans mon métier est le relationnel, ce n’est malheureusement pas mesurable en euro et donc peu “rentable”. J’en ai déjà eu marre de ce métier au point d’envisager d’arrêter. Mais j’aime vraiment ce que je fais. J’ai rebondi et aujourd’hui je prends vraiment du plaisir à travailler.

Je privilégie les conditions de travail à mon salaire. J’ai déjà eu de belle fin de mois, mais si, en contre partie, je dois rentrer chez moi pour refaire toute ma journée de travail en regrettant tout ce que je n’ai pas fait, je préfère avoir moins et être sereine.

De plus, il m’est arrivé bien trop souvent de remplir des papiers médicaux (commande de culot globulaire, bon de transport…) et parfois même imiter la signature de médecin, sous prétexte d’habitude de service. Je n’aurai bien évidemment jamais du accepté.

Quand j’entends des “bien pensants” imaginer que pour revaloriser notre métier il faut nous rajouter des actes, je me dis que nous avons déjà assez à faire. Je ne crois pas avoir besoin d’être revalorisée mais seulement avoir la possibilité d’exercer mon métier correctement.

Je crois que nous ne savons pas nous rassembler pour améliorer nos conditions de travail et la qualité de soin.

Nos conditions de travail ne nous permettent aucun coup de mou. Nous sommes des êtres humains et nous aurons forcément dans nos vies des moments difficiles. Mais si nous ne sommes pas à 100 %, nous laissons des patients dans l’angoisse et une relève difficile à l’équipe suivante. Je reproche à mes collègues soignants de passer bien trop de temps à se critiquer, oubliant d’affronter les vraies problèmes de leur service et de nos professions.

J’ai tout de même pu trouver des services où j’avais un équilibre entre soins technique  et relationnel, tout n’est donc pas désespéré !

Cécile : Infirmière, voyageuse et maman. La famille Sac à dos !

Je crois que vous êtes parents depuis peu, qu’est-ce que ça a changé dans votre vie et vos projets ?

Accueillir un nouveau membre dans notre famille n’a pas changé grand chose à nos projets. Dès notre désir d’enfant, nous avions décidé de continuer notre mode de vie. En revanche nous restons plus longtemps dans nos escale. Ça complique bien évidemment les choses, puisque les établissements ne nous logent plus. Nous devons donc, en plus de trouver un travail, chercher un logement et un mode de garde.

Et justement, quels sont vos projets ?

Nous avons toujours plusieurs projets en cours, et puis nous voyons quelle opportunité aboutie. Dans l’ordre de nos préférences, nous avons contacté la Polynésie Française pour travailler dans un dispensaire (nous n’avons aucune proposition concrète), puis nous avons débuté de nouvelles démarches pour le Québec, et enfin pourquoi pas une nouvelle ville française. Vendredi, nous avons été contacté par St Pierre et Miquelon, nous leur avions un mail il y a longtemps. Nous verrons bien quel projet abouti.

Leur blog : Famille sac à dos

Merci Cécile d’avoir répondu à nos questions. Nous ne manquerons pas de suivre vos prochaines destinations avec beaucoup d’intérêt et vos réflexions sur le monde qui nous entoure !

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1 Commentaire

  1. Avatar
    Agathe
    15 février 2014
    Répondre

    Merci énormément pour ce reportage Flo et Yo ! Car oui, l’on peut être soignant, décroissant, voyageur…aimer la Vie et désirer la protéger… donc exister également en tant qu’éco-parents. C’est un défi immense qui mérite d’être pleinement soutenu et ne l’est justement pas assez, je trouve. Je m’en vais envoyer message à Cécile, ce comme un sourire mais aussi pour partager avec eux les nouveaux challenges question organisation, que présuppose l’arrivée d’un petit, dans un tel vécu de l’existence. En effet je me demande comment est-il possible d’arriver à concilier les deux, quelles stratégies adopter afin d’offrir à un enfant la sécurité dont il a besoin, sans renier un mode de vie libertaire.

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