Les périples de Sandrine, infirmière voyageuse et blogueuse


Au cours de notre errance quotidienne sur la Toile, nous avons découvert le Blog de Sandrine. Cela fait maintenant plusieurs années que cette infirmière de 29 ans a pris la route pour découvrir le monde loin des sentiers battus et partager ses expériences à travers son Blog. Son voyage est avant tout une aventure humaine, elle prend le temps d’aller à la rencontre des habitants, de s’intégrer dans la population pour y comprendre la culture des dits pays avant de reprendre la route. Après avoir parcouru l’Europe à pied, elle est maintenant arrivée en Amérique du Sud.

Fidèle à ses valeurs d’entraide et de partage, elle a accepté de répondre à notre interview et on l’en remercie !

Les périples de Sandrine, infirmière voyageuse et blogueuse

Sandrine infirmirmière voyageuse et blogueuse

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je suis une infirmière de 29 ans et, pendant mes études, je partais déjà dans d’autres pays pour rejoindre des amis vivant ailleurs. J’ai travaillé en tant qu’aide soignante les week-ends et commis pendant les vacances, ce qui me donnait une certaine liberté de mouvement et qui a constitué le début de mon pactole voyage.

1 an et demi après mon diplôme, je suis partie sur les routes sans m’imposer de date de retour : c’était  le 4 juin 2011, soit il y a un peu plus de 3 ans.

J’ai commencé mon voyage en marchant à travers l’Europe, pour des raisons de visas pour mon compagnon de l’époque, nous avons dû arrêter en Macédoine et prendre l’avion pour la Turquie. De là, j’ai trouvé un voilier pour faire le transatlantique jusqu’à Trinidad et Tobago. Un vol plus loin, j’ai fait du volontariat avec les Indiens sur le Delta Orinoco avant de faire un petit tour en Amazonie et rejoindre la Guyane française pour une pause et y travailler quelques mois. Maintenant je descends le littoral du Brésil avec ma moto 125 CG.

Sandrine infirmière Française en Albanie

Byby aux couchsurfeurs de fortaleza

Sandrine infirmière Française au Brésil

Piste sur le littoral de Ceara

Sandrine infirmière Française au Brésil

Lagoa paraiso de Jericoacoera

Sandrine infirmière Française au Brésil

Cycliste costaricain qui se rendait a Rio pour la coupe du monde

Tu as un blog Sandperiple.com, peux-tu nous en parler ?

J’ai créé un blog à la base pour tenir ma famille et mes amis informés de mon avancée puis, au fur et à mesure, ils ont passé le mot à d’autres puis d’autres… Maintenant, il est destiné à toutes personnes qui veulent voyager, qui voyagent ou tout simplement qui veulent rêver. Mon premier blog était basique et, au vu de la popularité, j’ai créé celui-là qui permet un meilleur repérage des différentes catégories. Et surtout, je prends plus de plaisir à écrire, l’organisation est plus simple même s’il me demande plus de travail à la rédaction.

J’aime partager mon expérience et montrer qu’il est possible de voyager à petit budget et qu’il existe des milliers d’endroits souvent plus sympas que les zones ultras touristiques.

Comment est venu le cheminement de ce voyage au long cours ?

Ça a commencé par une envie de voyage en Inde avec un de mes frères, mais nous n’étions jamais libres en même temps. Ayant l’interdiction de partir seule et ne trouvant pas d’amis libres assez longtemps pour m’accompagner, je me suis tournée vers les forums. C’est là que j’ai découvert la conception de tour du monde. N’ayant aucune envie de limiter mon envie de voyage à un seul pays, l’idée m’a tout de suite séduite, mais celle de devoir courir sans arrêt pendant un an pour le boucler me plaisait bien moins. J’avais pas mal d’idées qui ont fait leur chemin le temps d’économiser, puis je suis tombée sur le site de Caro (Pieds Libres) qui projetait de faire un tour du monde à pieds, le “à pied” qui veut dire vraiment en marchant. J’ai adhéré direct et j’ai commencé mon voyage avec elle.

Ça correspondait à mon envie de prendre mon temps pour voir les pays et m’imprégner de leur culture et de leur vie locale. 8 mois à pieds plus tard, nous avons continué le voyage chacune de notre coté.

Sandrine infirmière Française au Brésil

Tour de l’ile d’Antigua à pieds

Sandrine infirmière Française au Brésil

Fun avec une famille qui m’a accueillie un mois à Beberibe

Sandrine infirmière Française au Brésil

Traversée en bac pour accéder à  Santo Amaro a Lançois de Maranhao

Tu as eu l’occasion d’exercer en Albanie, peux-tu nous raconter cette expérience ?

En général, je ne cherche pas à travailler en temps qu’infirmière en chemin, mais, si l’occasion se présente, je saute dessus. En Albanie, je me suis trouvée au bon endroit au bon moment : l’infirmière de l’association ADRA venait de partir je ne sais pour quelles raisons et les prochains volontaires n’arrivaient pas avant le mois suivant. C’est une amie française rencontrée à Tirana et qui travaillait pour eux qui a tout de suite fait le lien et m’a présentée à sa directrice de projet.

Je me suis donc retrouvée à participer au projet de clinique mobile qui intervient auprès des Roms de la capitale.

Les Roms sont les gitans, aussi appelés Tziganes. Ce travail consistait principalement à faire de la prévention auprès de la population et orienter les cas plus graves vers les hôpitaux. La clinique était en faite un 4×4 conduit par un chauffeur et garde du corps, car même s’ils ont toujours eu un très grand respect pour le projet, envoyer 3 nanas dans ces camps aurait été de l’inconscience. Nous étions accompagnés d’une coordinatrice et traductrice ainsi qu’une médecin, tous les 3 albanais. Nous nous rendions 2 à 3 fois par semaine dans des lieux prédéfinis à l’avance avec le chef de la petite communauté. Le message entre eux est toujours rapidement relayé et c’est plus d’une vingtaine de personnes que nous voyons au minimum.

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Les médicaments étant payants, les dons faits à la clinique mobile étaient leur seule ressource. Là-bas, les Roms ne se baladent pas en super caravane, mais vivent dans des bidons villes, travaillent toute la journée à récolter des canettes et des plastiques qu’ils revendent aux usines de recyclage. La misère, l’alcool et la violence y sont maitre, les conditions d’hygiène désastreuses avec par exemple des enfants qui développent des maladies de peau ou qui ont des parasites en tout genre… J’ai vu une simple égratignure devenue une plaie infectée et suppurante.

Tout s’est toujours bien passé, les Roms ont un grand respect du corps médical.  La plupart n’ont même pas les moyens de s’acheter un simple doliprane et passer par l’hôpital est en dernier recours, car tout leur est facturé. Cette expérience m’a permis d’apprendre quelques mots d’Albanais, ce qui les a bien faits rires vus mon bel accent français ! Ils étaient les premiers à m’en enseigner plus. À coté de ça le langage manuel a bien fonctionné et la coordinatrice ou le médecin traduisaient quand ça se compliquait.

Y a-t-il des choses qui t’on surpris en Albanie ?

Oui, le degré de misère et leur vie dans les bidons villes. Je ne pensais vraiment pas qu’il était possible de trouver ça en Europe.

Disposent-ils des mêmes moyens qu’en France ?

Dans mon cas, l’association dépendait entièrement des dons de l’église. Voilà un lien qui la présente : ADRA

Pour les hôpitaux publics, je ne sais pas comment ça fonctionne.

Sandrine infirmière Française au Brésil

Balade dans les dunes dans le petit Lançois avec une famille

Sandrine infirmière Française au Brésil

Coucher de Soleil en Albanie

Avec toutes tes expériences, quel est ton regard sur ton métier d’infirmières en France ?

Je pense que nous passons notre temps à nous plaindre, mais que nous sommes extrêmement chanceux d’avoir un tel système de santé. Les conditions de travail sont parfois dures, mais nous n’avons pas des gardes de 24h d’affilées, au plus c’est 12h. Nous disposons de beaucoup de moyens et n’avons pas à nous soucier de savoir si nous avons des draps pour mettre sur les lits, des compresses pour faire les pansements… Quand un hôpital commence à être vétuste, il est directement fermé…. En général nos services sont cadrés, avec des médecins disponibles (même si beaucoup ont un sale caractère) et compétents. Ce n’est pas le cas de partout. Pourtant, pas besoin de sortir de “France” pour rencontrer des conditions relativement moins bien, la Guyane en est un bel exemple alors que sur le papier c’est un département français.

Sandrine infirmière Française au Brésil

Iguane retrouvé dans la chambre d’un patient en Guyane

Sandrine infirmière Française au Brésil

Grafitis a Canoa Quebrada

Sandrine infirmière Française au Brésil

Amis couchsurfeurs a Fortaleza

Et après quels sont tes projets ?

Pour l’instant, il faudrait que je réussisse à sortir du Brésil et ce n’est pas gagné. Je me fais accueillir sans arrêt dans des familles qui refusent ensuite de me laisser repartir.

Je ne veux pas passer à côté de ces beaux échanges et de toute façon je ne suis pas pressée.

Au sud du Brésil, je revendrai la moto qui est locale et à partir de l’Argentine j’ai pour projet de continuer à cheval. Le top serait de pouvoir ensuite remonter le chemin des incas qui fait 5000km en débutant au Chili, un bout d’Argentine, de Bolivie, le Pérou, l’Équateur et fini en Colombie. Ceci devrait m’occuper un bon bout de temps et je verrai plus tard pour la suite.

Nous remercions Sandrine de s’être prêtée au jeu de l’interview, et aussi pour la bonne grosse dose d’inspiration. Malgré les milliers de kilomètres qui nous sépare, elle a très gentiment accepté de répondre à nos questions. Au rythme où elle avance, nous espérons très sincèrement la croiser en juillet sur les routes de l’Amérique de Sud

Vous souhaitez en savoir plus sur les aventures de Sandrine : le Blog de Sandrine , son blog est à parcourir sans modération !

2 Commentaires

  1. 25 novembre 2014
    Répondre

    C’est super de pouvoir voyager et travailler en même temps en tant qu’infirmière.

    Et puis c’est sympa de descendre la côte en moto ! Merci pour ce récit

  2. Que c’est inspirant ce genre d’histoires. Un jour peut-être aurais-je le courage de partir de la sorte…
    Concernant le système de santé c’est un peu comme cela au Québec aussi. On se plaint constamment de notre système alors que si l’on compare il est vraiment pas si mal. Mais bon, j’imagine que tout comme elle il faut voir ailleurs pour saisir la différence et apprécier ce qu’on a. Bonne continuation Sandrine et je me dirige de ce pas vers ton blog.

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