Maëva, infirmière globe-flotteuse, des baléares au Vietnam


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Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam

Aujourd’hui nous partons à la découverte du monde avec Maëva. Elle se qualifie joliment d’infirmière “globe-flotteuse”. Elle a accepté de répondre à nos questions et de partager avec nous sa vision des choses et ses expériences. Elle nous invite au voyage et à la découverte des cultures qui nous entourent… (crédit photo : Maëva)

Salut Maëva, est ce que tu peux te présenter ?

Salut, je m’appelle Maëva, j’ai 30 ans, infirmière depuis 5 ans et maman célibataire d’une petite fille de 4 ans.

Quel est ton parcours ?

Après avoir obtenu un Bac S, je m’oriente (ou plutôt je m’égare) dans une fac de bio pendant deux ans sans idée précise, mais toujours chatouillée par une envie de voyager. Je profite de ces années d’errance pour faire des petits boulots notamment au sein de l’infirmerie du campus universitaire pour une campagne de prévention contre la mal bouffe. Je découvre alors le milieux médical et cela me plait. Je tiens enfin le métier qui pourra me permettre de voyager.

Durant mes études d’infirmière à la Croix Rouge de Nice, j’allie mon goût de l’ailleurs avec ce métier en faisant un stage à l’étranger, et j’affine mon orientation professionnelle. En effet, je découvre un réel intérêt à étudier la psychiatrie.

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam

Art insolite dans une rue des Baléares (crédit photo : Maëva)

Mon diplôme en poche, j’ai donc intégré une équipe soignante dans un service de psychiatrie de l’adolescent. J’ai vraiment aimé travaillé dans ce service. Mais au bout de deux ans, les restrictions de personnelle et les conditions de travail ne permettaient plus d’effectuer des prises en charges de qualité. Certaines décisions médico-administratives ne correspondaient plus à mon éthique professionnelle. Je suis donc partie pour travailler dans un CSAPA (centre de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie), j’ai travaillé avec une équipe géniale.

Malheureusement, les systèmes sanitaire et social (comme beaucoup d’autres) en France sont régis par les restrictions budgétaires, et chaque initiative s’en trouve désapprouvée, amputée ou avortée. Me sentant un peu à l’étroit dans mon boulot, je renoue avec le projet de voyager.

“Un an plus tard, c’est par la mer que je concrétise un rêve.”

Nous partons, ma fille, son père et moi, vivre sur un bateau, dans le but d’aller où bon nous semble afin de… vivre autre chose. Mission accomplie !

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam(crédit photo : Maëva)

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam

Il me semble que tu as fait un stage au Vietnam pendant tes études, peux-tu nous en parler ?

Je n’avais pour ainsi dire jamais quitté l’Europe, ce fut une expérience fantastique !

D’abord il y a eu toute l’excitation autour de la préparation de ce stage d’un mois. L’IFSI, plutôt farouche en premier lieu, s’est montré assez enthousiaste une fois les formalités administratives bouclées. En effet cela relève du parcours du combattant et en a découragé plus d’un, j’ai d’ailleurs été la seule de ma promotion à mener ce projet jusqu’au bout.

Je suis partie avec une association rattachée à la Croix Rouge (ce qui à facilité les démarches), j’étais hébergée dans un orphelinat avec d’autres stagiaires, nous nous rendions tous les matins à l’hôpital accompagnées par deux interprètes de choc (oui parce qu’il faut le savoir: il faut à peu près quatre vies pour apprendre le vietnamien). L’après-midi, nous retournions à l’orphelinat et avions du temps pour nous, chacun vaquer à ses occupations, pour ma part, j’ai eu un plaisir immense à passer du temps avec les enfants, à apprendre d’eux, leur vie, leur culture, leurs jeux… Et j’ai découvert un grand intérêt pour la photo.

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam(crédit photo : Maëva)

Ce rythme a duré 3 semaines, la dernière semaine étant consacré à… du tourisme pur ! (je peux le dire, il y a prescription maintenant non ?)

Quelle était ta mission/rôle ? Qu’as-tu appris là bas ?

A l’hôpital, on arpentait les services (médecine, urgences, maternité, médecine traditionnelle…) comme observateur d’abord, mais très vite on faisait parti du personnel soignant. La difficulté était de ne pas pouvoir prendre le patient dans sa globalité, nous n’avions pas accès aux dossiers (problème de la langue) et devions faire entièrement confiance aux soignants présents et aux interprètes. En fait notre pratique se résumait à effectuer des actes… et des actes… et des actes. Et bien souvent il fallait faire vite, très vite pour répondre à l’affluence. Il fallait faire avec des protocoles que nous ne comprenions pas toujours. Remettre en question nos apprentissages, accepter de désapprendre et réapprendre différemment. Il était finalement bien plus facile de réaliser des soins dans un service totalement inconnu comme la “médecine traditionnelle”, acupuncture, digitopuncture, phytothérapie…

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam

Electro-acuponcture (crédit photo : Maëva)

Nous observions les gestes et nous reproduisions. C’était bien plus délicat lorsqu’il s’agissait de maternité, injecter une antibiothérapie systématique à chaque nouveau né, sans savoir ce qu’il y avait dans la seringue, ni qui l’avait préparée…Ou bien en médecine lorsqu’il y avait des patients qui auraient nécessités (en France) de soins dans la plus grande asepsie, soignés sur du papier journal…

“il existe deux réalités du soin”

J’ai appris une chose primordiale lorsqu’on veut soigner à l’étranger, c’est qu’il existe deux réalités du soin: le soin selon le principe de précaution qui tend à limiter les risques potentiels par des techniques de pointes, une grande rigueur sur l’asepsie, une rigueur administrative, un traçage du soin millimétré… Cela concerne les pays dits riches;  et le soin selon le principe de nécessité qui tend à la réduction du risque prioritaire, au plus juste, avec, souvent, les moyens du bords. C’est le cas des pays… moins riches.

Maëva, infirmière globe-flotteuse, des Baléares au Vietnam(crédit photo : Maëva)

Comment s’est passée ton intégration ?

Compliquée au début, car il m’était difficile de réaliser des soins sans exprimer mon étonnement et parfois mes craintes. Quand j’ai accepté de revoir mes positions, accepté le taf, le contacte est bien mieux passé, à tel point que je pouvais faire des propositions qui par la suite ont pu être acceptées, puis adoptées , je n’étais plus considérée comme une stagiaire têtue mais comme une professionnelle étrangère avec qui il pouvait y avoir un échange constructif.

(crédit photo : Maëva)

Comment est la vie là bas ? Quelle est la culture ?

Bien différente de la France, c’est sûr ! Le pays conserve les stigmates de l’occupation chinoise, des colonies françaises et des guerres. Mais il n’en reste pas moins un pays en devenir sur le plan économique.

“Les gens sont respectueux de tout et très humbles”

La culture du pays est fortement imprégnée de bouddhisme, les gens sont respectueux de tout et très humbles. On a le sentiment de pouvoir faire confiance à tout le monde, l’individualisme semble bannit de ce pays. La famille a une place essentielle dans cette société, à l’hôpital par exemple, elle est soignante à part entière.

(crédit photo : Maëva)

Le climat peut se montrer très rude, la mousson est parfois dévastatrice, de ce fait l’entraide est un mode de vie à part entière.

D’une manière générale, j’ai le souvenir d’un pays très chaleureux et agréable à vivre (malgré les intempéries: j’y étais pendant la mousson), et je ne vous parle pas de la cuisine, j’en salive rien que d’y penser!

 (crédit photo : Maëva)

Après ta formation, tu es partie plus d’un an vivre sur un bateau, peux-tu expliquer ton projet ?

En Mars 2011, nous décidons mon ex-conjoint et moi de vivre autrement : exit toute attache matériel, voiture, appart, boulot… Depuis un an nous préparions le bateau en vu de vivre dessus à temps plein, nous avions épargné suffisamment pour équiper le voilier en mode grand voyage et se laisser le temps de voir venir. Le but était d’aller à la rencontre des gens et de découvrir des pays que nous ne connaissions pas, tout en travaillant aux escales pour pouvoir durer le plus longtemps possible à la découverte des quatre coins du monde.

Nous sommes partis de Méditerranée, nous sommes descendus en Corse (que nous connaissions déjà), nord Sardaigne, puis l’Espagne, les Baléares, Gibraltar, le Maroc, puis les Canaries, avec un aller/retour sur Madère.

Escale dans un port des Baléares (crédit photo : Maëva)

Quel était ton quotidien sur le bateau ? ça demande de l’organisation ?

Sur le bateau, la vie est plutôt cool : pas de rythme imposé, balades aux escales, rencontres sur les pontons, pêche et baignades, un paradis vu de l’extérieur. De l’intérieur, beaucoup de concessions (principalement matérielles, mais ce n’est pas plus mal de revenir à l’essentiel !), mais surtout une entente irréprochable entre les différents membres de l’équipage…

“les nuits car il faut veiller par quart”

Lors des traversées (maximum 5 jours d’affilés pour nous), lorsque le temps était clément: lecture, musique, photos, jeux de cartes, occupent les journées,  mais aussi les nuits car il faut veiller par quart. Quand le temps est moins sympa (ça arrive), on se concentre sur les manœuvres et pour ne pas être malade.

île de Madères (crédit photo : Maëva)

On dit que la vie sur un bateau c’est 80% d’emmerdement pour 20% de pur bonheur. Alors me direz-vous: “pourquoi se faire ch..?”. Et bien pour c’est 20% très exactement !

Un bateau c’est avant tout des pannes, de la casse, du bricolage qui ne fonctionne pas toujours (rarement) comme on veut, de l’entretien, bref des galères ! Mais le plaisir qu’on retire de cette vie là n’a pas d’égale sur cette planète.

Dauphin rencontré dans les canaries (crédit photo : Maëva)

Comment se passait ton arrivé dans un nouveau port ?

C’est toujours une grande excitation d’arriver dans un port. Une nouvelle étape, une nouvelle ambiance, de nouvelles têtes,… Mais avant, beaucoup de tension: comment va se passer la manœuvre, va-t-on trouver âme charitable sur le ponton à qui lancer les amarres, va-t-on éviter de faire du bateau-tamponneur dès notre arrivée ?

Une fois bien attaché, on doit encore se charger de la partie administrative avec le capitaine du port, ensuite nous pouvons enfin faire redescendre la pression, et PROFITER ! Généralement, je prenais ma fille sous le bras et arpenter les pontons. Je crois que c’est le moment qu’elle préférait du voyage, elle partait à la recherche de nouveaux copains de bateau, recroisait parfois des connaissances. C’était important pour nous de s’imprégner de l’ambiance du port avant d’aller visiter le reste de la ville.

(crédit photo : Maëva)

Qu’est-ce que tu en retires ?

C’est la chose la plus excitante que j’ai fait de toute ma vie, une expérience richissime malgré un retour prématuré en France. La vie en bateau c’est aussi prendre des risques, le risque de mettre son couple à l’épreuve par exemple, le notre n’y a pas survécu, mais nous ne regrettons rien.

“L’accueil des gens et la simplicité des échanges m’ont beaucoup touché au cours de ce voyage.”

Patiente vietnamienne (crédit photo : Maëva)

Qu’as-tu apprécié lors de ce voyage au long cours?

Nous essayions en règle générale, d’éviter les endroits très touristiques, mais en presque 9 mois passés aux Canaries cela n’a pas toujours était évident, le fait de vivre en bateau vous donne un statut touristique un peu particulier.

Et puis les gens du voyage en bateau forment comme une petite communauté d’entraide et de partage, un petit monde à part (qui rend le retour sur la terre ferme un peu difficile).

Sans compter, les paysages de rêve le long desquels nous avons navigué.

Paysage dans les îles canaries (crédit photo : Maëva)

(crédit photo : Maëva)

Quels sont tes plus beaux souvenirs de voyages ?

Ce sont les liens qui se créent avec une intensité rare, des moments partagés, souvent en un laps de temps très court.

“Si l’incompréhension de la langue est parfois un handicap, il arrive parfois que quelque chose se joue au delà du langage.”

Je n’oublierai jamais ce couple âgé à Madère qui tenaient un bistrot, vide, loin des sentiers touristiques, dans ce décor assez lugubre, nous ne comprenions rien de leur portugais très local et eux n’entendaient rien de notre espagnol très approximatif, pourtant ils nous ont accueilli comme leurs propres enfants (petits enfants?) et nous avons passé un moment extraordinaire, le temps d’une après-midi, qui s’est terminé sur des adieux larmoyant. Des rencontres atypiques de ce genre il y en a eu bien d’autres, et c’est ça qui me plait dans les voyages.

Vieux bistrot à Madères (crédit photo : Maëva)

As-tu eu l’occasion de voir comment était le système de soins dans certains pays ? 

Malheureusement je n’ai pas eu l’occasion de travailler en tant qu’infirmière durant ce périple, nos premières escales étaient trop rapides pour ça. Quand nous sommes arrivés aux Canaries, nous ne devions pas y rester si longtemps et traverser l’Atlantique à la fin de l’année. Pour certaines raisons nous avons dû prolonger le séjour sur ces îles. Je suis donc allée me renseigner pour trouver du travail et j’ai été confrontée aux difficultés que rencontre les infirmières en Espagne. Aux Canaries en particulier, les infirmières se retrouvent sur des listes d’attente pour pouvoir travailler et lorsqu’on est étrangère avec un espagnol très approximatif, on n’a pas sa place sur ces listes. Il aurait fallu aller plus loin… j’espère partie remise…

Paysage Marocain (crédit photo : Maëva)

Comment étiez-vous couvert en cas de pépin de santé en voyage ?

En Europe on est toujours couvert par la sécu, ensuite ça devient plus compliqué, mais il existe un organisme indépendant la CFE (la caisse des Français à l’étranger) qui demande une cotisation à l’année et couvre de la même manière que la sécu.

Quel est ton regard sur ton métier d’Infirmiers en France ?

Plus de responsabilités, toujours moins de moyens… Mais il va falloir que je m’y frotte de nouveau pour refaire la caisse de bord !

Je pense que le principe de précaution dont je parle plus haut est très exigent et ne peut souffrir d’aucune économie, et de réduction budgétaire en réduction budgétaire, je me demande si la France n’a pas un système de santé qui n’a plus les moyens d’être à la hauteur de ses prétentions.

Et après quels sont tes projets ? 

Repartir encore et toujours, faire l’infirmière itinérante, explorer les différents systèmes de santé, les comparer… Où, quand, comment ? Rien de concret pour l’heure, mais affaire à suivre…

ça vous tente ?

(crédit photo : Maëva)

Merci Maëva pour ce passionnant récit, je n’en ai pas perdu  une miette. Et si tu as besoin de matelots, fais nous signe (j’avoue je n’ai pas le pied marin mais tu m’as donné envie de te suivre).

13 Commentaires

  1. Wow! Très bel article! Et quel parcours passionnant que celui de Maëva! Ce qui me plait dans toute cette histoire c’est que Maëva n’emprunte pas les sentiers battus et tout ça gagne en originalité. Tu vois juste le fait de s’intéresser à la psychiatrie dans un premier temps… Discipline, si on peut dire ainsi, trop souvent oublié de nos voyageurs. Et c’est tout à son honneur.

    Pour le Vietnam c’est aussi une excellente idée. Pour ma part, je fais partie de ceux qui croient fermement (et je ne me ferai peut-être pas d’amis en disant ça) qu’il est loin le temps où il n’y avait que l’Afrique qui avait besoin d’aide et de réconfort. Il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que le besoin est très grand en Asie, et surtout dans les pays de l’Ex-Yougoslavie par exemple. Chapeau.

    Et pour la partie voilier c’est génial. J’ai passé ma jeunesse sur des bateaux (avec mon père) et oui, pour 80% de problème, il restera toujours un 20% de pur bonheur, un 20% de souvenir qui jamais ne s’effacera jamais de nos mémoires.

    Génial!

    • Avatar
      maeva
      10 octobre 2012
      Répondre

      Merci Yves pour ton commentaire.

      Mon parcours n’est pas si extraordinaire (et à la hauteur de tout le monde), d’autant que je ne vis pas encore de mon métier et de ma passion cumulées (j’y travail!).

      La psychiatrie, une discipline trop souvent oubliée des voyageurs… Oui mais quel dommage, l’etnopsychiatrie est une discipline tellement passionnante!

      Par contre, je ne partage pas ta vision de l’occidental qui apporte son aide et son réconfort aux “pauvres pays”. Certes la médecine des pays riches et des pays en développement n’est pas la même, mais on a autant à apprendre d’eux qu’ils ont à apprendre de nous et les occidentaux se voient un peu trop souvent comme tout puissants. Vouloir imposer à d’autres pays notre système de santé (sous couvert d’aide et de réconfort) est, à mon avis, une grosse erreur et une ingérence totale et vaine.
      Je dis ça pour l’avoir vécu au Vietnam, je suis arrivée avec mon savoir très relatif, et je n’ai finalement été intégrée et entendue que lorsque j’ai compris, que j’avais autant à apprendre d’eux qu’à leur transmettre, et seulement là l’échange devient intéressant et très constructif.
      En commençant mes études d’infirmière, je pensais travailler dans l’humanitaire. J’en suis un peu revenue, de cette vision de l'”Occidental” qui aide les “pays pauvres”.
      N’oublions pas que nous avons un système de santé qui est certes très performant, mais régit par l’argent, les laboratoires… Et je ne suis pas certaines que tous les pays nous l’envie.
      Je me demande s’il ne faut pas avoir un peu plus d’humilité face à des pays dont le système de santé est différent, et regarder d’un peu plus près nos incohérences.

      C’est un débat très riche et sur lequel je suis très chatouilleuse!

      Merci de l’avoir amorcé.

      • Salut Maeva,

        Je me suis peut-être mal exprimé dans mon commentaire. Je me l’explique mal mais c’est comme si j’avais oublié un paragraphe! Désolé… En fait, je suis tout à fait en désaccord moi aussi avec le fait que nous, Occidentaux, arrivons dans les pays plus pauvres disons avec notre appareil photo en bandoulière et en s’exclamant sur la façon dont vivent les gens des autres pays. C’est évident que de cette façon on n’apporte rien du tout. Et ce n’est pas la meilleure façon d’être pro-actif…

        C’est pour cette raison que j’admire ce que tu fais car d’une certaine manière, tu abordes le voyage (tout comme le font Flo et Yo) différemment. Par les soins pour être plus précis. C’est un créneau qui mérite toute notre attention, autant sinon plus que la faim dans le monde préoccupait la planète entière il y a une vingtaine d’année de ça.

        Pour ma part, je suis très concerné par ce qui se passe un peu partout sur la planète. Et j’ai aussi toujours tenté de ne jamais me présenter ailleurs dans mes gros sabots de Nord-Américain, ni en utilisant cette ingérence dont tu parles et que l’on remarque trop souvent lorsque l’on voyage un peu. J’ai vu des choses atroces en Chine et en Azerbaijan, choquantes sur le coup, mais qui avec un peu de recul m’ont permises de comprendre ce qu’est la différence. Et de l’accepter. Le truc c’est de ne rien comparer dès le départ, juste essayer de comprendre.

        Enfin, tout ça pour dire que j’admire ce que tu fais et ce que tu feras dans le futur. Car au-delà de tout ce que l’on peut apporter aux autres, il n’en demeure pas moins que le réconfort, sous toutes ses formes, sera toujours une valeur sûre qui apportera un peu de soleil dans la vie des gens.

        • Avatar
          maeva
          10 octobre 2012
          Répondre

          Merci pour ton éclairage Yves.

          Puis-je de demander quelle est ta profession, et quel est ton parcours?

          • Avatar
            12 octobre 2012

            Salut Maeva, désolé pour le délai de réponse.

            Je n’ai pas de profession à proprement parler. Comme je le dis souvent à la blague (mais avec un fond de vérité!) je suis un mercenaire de l’emploi. Ce qui signifie que je me vends donc au plus offrant afin de réaliser de petits contrats dans des domaines variés. Ça me permet de découvrir pas mal de chose et de me faire une expérience personnelle intéressante. Ce n’est toutefois pas évident de vivre de la sorte puisque point de vue sécurité (financière et parfois physique) j’ai travaillé dans des endroits inquiétants. Mais bon.

            Pour ce qui est de mon parcours, n’ayant jamais réussi à me fondre dans le modèle imposé par la société et n’adhérant pas à ses idées, il est plutôt chaotique mais combien intéressant.

            Jeune, j’ai été initié au voyage par mes parents, mais surtout à l’aventure par mon père qui sans cesse était à repousser ses propres limites. J’ai aussi beaucoup navigué (toujours avec mon père) jusqu’à l’âge de 17 ans. Pour le reste, je suis tombé idiotement dans le piège du métro-boulot-dodo pendant une bonne vingtaine d’année…

            Maintenant, ma conjointe et moi sommes sur le point de partir sur la route (d’ici quelques semaines on l’espère) puisque notre maison est à vendre depuis deux mois déjà. Sitôt vendue, tout s’enchainera très vite. Achat d’un camping-car et direction USA dans un premier temps. On prévoit rester sur la route environ 3 ans. Il y a ensuite un projet voile qui flotte dans l’air, où nous aimerions faire du “charter” un bout de temps. Mais comme on dit, nos rencontres sur la routes vont aussi façonner la suite, dans le sens où on va sûrement trouver autre chose qui nous intéresse.

  2. Avatar
    10 octobre 2012
    Répondre

    Il y a quelques mois nous avions exposé notre projet à un médecin globe trotter. Sa 1ére réaction était plutot sans appel :” encore des occidentaux qui veulent montrer leurs expertises et leurs suprématies au niveau des soins à des pauvres orientaux…
    C’est complètement faux.
    Nous sommes, comme Maeva, persuadés que ce sont les autres qui ont beaucoup à nous apprendre, et non le contraire.
    Partir en conquérant ce ne sera pas notre cas. Aller voir comment sont soignés les autres, se confronter à de nouvelles pratiques complètement inconnues pour nous, c’est un peu partir en formation !

    • Tu as entièrement raison. Pour ma part, j’ai toujours agi, dans la plupart des cas, avec beaucoup d’humilité face à plusieurs situations. Il est maintenant nécessaire pour nous, Occidentaux, d’observer ce qui se fait ailleurs et d’en tirer des leçons. Se taire et regarder est une bien bonne école!

      • Avatar
        maeva
        12 octobre 2012
        Répondre

        Un beau programme qui vous attend là alors!
        En vous souhaitant à tous les deux de belles rencontres sur les routes.
        Bon vent à toi Yves!

        • Merci Maeva! Et merci à Flo et Yo pour ce bel article. Qui sait, peut-être un jour nous croiserons-nous sur la route!

  3. Avatar
    fran - marta - fatu
    20 octobre 2012
    Répondre

    Merci Maeva!
    Un articulo y unas fotos preciosas!
    Nos a gustado mucho compartir un pedacito de este viaje con vosotras.
    un beso grande para las dos…
    Desde Canarias¡¡

    Au Revoir.

    • Avatar
      maeva
      21 octobre 2012
      Répondre

      El mejor ejemplo del extraordinario encuentro!
      Besos amigos!!!

  4. Avatar
    EveneWolf
    24 octobre 2012
    Répondre

    Bonjour Maeva,
    concernant ton stage au Vietnam, j’ai quelques questions à te poser: comment l’as-tu trouvé? quel est le nom de l’hôpital? le personnel soignant parlait-il un peu français? parles-tu un peu vietnamien?
    en gros, peux-tu me donner un peu plus d’infos stp?

    je suis étudiante infirmière (en 1ere année donc j’ai le temps!), mais intéressée par un stage optionnel en 3ieme année au Vietnam

    merci par avance pour tes réponses et le partage de ton expérience

  5. Avatar
    29 juin 2014
    Répondre

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