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  >  Réfléxion   >  Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet

Presque 6 ans plus tard après avoir rédigé mon article sur le financement de ma formation d’infirmier, aujourd’hui j’ai la chance sur ce blog de pouvoir rédiger un nouvel article sur le financement d’un Master en tant qu’infirmier. En effet à la rentrée prochaine j’ai le bonheur d’être admis en 1ére année de Master management et qualité des soins dans une université française.

En échangeant régulièrement sur le sujet dans nos différents groupes, la recherche en soins infirmiers,  infirmiers dans le monde, infirmiers en France… je me rends compte que peu d’infirmiers tentent leur chance en s’inscrivant en Master par manque d’informations sur le sujet. L’idée de cet article est de démystifier les études supérieures, de connaitre les possibilités de financement pour ce type de formation et des perspectives de poursuite vers un doctorat pour les plus courageux.

Les raisons de s’inscrire en master pour un infirmier peuvent donc être nombreuses et je vais essayer d’en balayer quelques-unes dans cet article ou du moins vous faire part des motivations qui sont les miennes.

Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet

Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet

Plus personnellement je pense que la poursuite d’étude en Master après notre Licence en soins infirmiers est une suite logique et qui offre de réelles perspectives d’évolution de carrière. J’ai compris que le DE infirmier finalement n’était qu’une étape pour beaucoup d’entre nous, un tremplin pour celui qui a le souhait de tendre vers des responsabilités différentes. En tant qu’infirmier, on nous demande d’être des caméléons, des professionnels capables de s’adapter à la spécificité de plusieurs spécialités. Multiplier les expériences nous permet de savoir avec le temps ce qui nous anime, ce qui nous passionne et dans quelle spécialité/domaine on souhaite s’engager pleinement.

L’expérience acquise, va nous permettre d’arriver assez rapidement à cette fameuse phase plateau de “maturité professionnelle”. On maitrise son art, on prend plaisir au travail, on deviens incollable sur les prises en charge, les situations d’urgences sont appréhendées, les soins complexes sont anticipés avec sérénité… L’ensemble de ces expériences acquises vont permettre d’affiner encore plus notre expertise grâce à un enseignement probant. Formation interne, formation externe, simulation ou un diplôme universitaire. Plus on avance dans notre carrière et plus on souhaite se diriger vers des services par affinités, notre maturité clinique telle un entonnoir va guider nos choix de carrière. Mais le contexte économique hospitalier rend notre situation instable et corvéable, parfois peut se créer donc un décalage entre ce que l’on désire et ce que l’on nous impose.



Cum hoc ergo propter hoc ?

Mener de front une carrière longue et épanouie, comme ont pu le vivre la précédente génération de nos collègues relève aujourd’hui de l’exploit. Rencontrer des “soixante-huitards” dans les soins avec des collègues qui culminent à plus de 30 ans de carrière est de plus en plus exceptionnel. Usés, nombreux sont les infirmiers qui quittent les soins de plus en plus précocement et la rétention des infirmiers est une problématique qui touche toutes les structures sanitaires dans le monde. Cette tendance est d’ailleurs corroborée par des chiffres, puisque selon lÉtude PRESST-NEXT (Madeleine Estryn-Behar 2007), c’est presque 1/3 des professionnels qui abandonnent le métier pour des causes que nous connaissons tous : le salaire misérable (1450€ en début de carrière), le manque de reconnaissance, la pénibilité au travail non pris en compte (1,07€/h pour le travail de nuit), une charge en soin en constante augmentation, la précarisation de la profession (CDD successif jusqu’à parfois 6 années), une vie de famille perturbée (rappel constant sur les repos, vacances imposées, impossibilité de récupérer les heures supplémentaires cumulées, travail le week-end…), une perception de maltraitance, le manque de sens dans l’exercice, mise en concurrence sur les offres de formation, le manque de perspective sur l’évolution de carrière possible, la multiplication des taches administratives, une difficulté au développement professionnel continu…Florent Lheureux en 2010 va plus loin et analyse le besoin d’autonomie des infirmiers comme facteur principal d’insatisfaction. Ce sont des études qui sont certes sont anciennes, mais force est de constater que les choses en presque 20 ans n’ont toujours pas changés, loin de la.

30% des infirmiers quittent la profession dans les 5 ans

Pour expliquer cette fuite des cerveaux, l’étude européenne NEXT n’hésite d’ailleurs pas à pointer le décalage entre une formation léchée sur le papier et une réalité sur le terrain aux antipodes des enseignements. Le fossé entre théorie et pratique est titanesque, la chute est une découverte brutale de la réalité hospitalière pour les néo-diplômés, nombreux ne sont pas préparé à cela même s’il ont pu en sentir les prémices en stage. En effet, nous sommes loin des concepts enseignés à l’IFSI, la prise en charge globale, la bienveillance, l’individualisation du parcours de soin, l’écoute active, l’éducation thérapeutique, la recherche en soin infirmier, l’approche systémique…sont des chimères qui sont difficilement applicables sur le terrain. L’infirmier est cantonné à son simple rôle d’exécutant ou le travail réflexif n’est permis que dans peu de service et toujours sous le sacro-saint contrôle médical. Mis à part quelques rares spécialités, notre rôle est toujours dans cette position de subalterne et qui ne permet pas à l’infirmier d’imposer son leadership et ses connaissances dans les soins.

L’étude du CEVIPOF sur la QVT (la qualité de vie de travail) dans la fonction publique hospitalière, pointe également que l’utilité sociale est le premier facteur de motivation pour 20% des agents du secteur public avant même les considérations salariales. La QVT est un concept fourre-tout utilisé pour la première fois en 1960 par General Motors via le programme “Work life Quality”. L’équation pour GM était plutôt simple et innovante pour l’époque : un environnement de travail favorable aux salariés + pris en compte de leurs besoins + la réhumanisation du travail = amélioration des performances de l’entreprise. Cette révolution pour l’époque a permis de comprendre l’intérêt de la QVT sur la performance et la rétention des employés grâce à d’un management collaboratif et une organisation humaine.

L’ANACT en 2015 livre une définition pourtant extrêmement novatrice et pleine de sens de la QVT et la définissent comme « l’ensemble des conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail, leur capacité à s’exprimer et agir sur le contenu de celui-ci. ». En 2020, malgré de nombreuses études, des rapports, des propositions et un paradigme commun sur le sujet, force est de constater que la QVT à l’hôpital n’est qu’un concept abstrait et non-appliqué malgré une littérature scientifique foisonnante sur le sujet.  

Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet

A l’IFSI et dans les services, l’accent est encore trop souvent mis sur les parcours classique comme cadre de santé, puériculture, bloc opératoire et anesthésie. Depuis 2018, il est également possible de suivre une nouvelle profession qui permet aux infirmiers d’acquérir cette fameuse latitude dans les soins, de travailler de pair avec le corps médical et d’avoir des décisions thérapeutiques partagées. C’est enfin l’avènement des infirmiers de pratique avancée.

Cette nouvelle profession permet aujourd’hui aux infirmiers de faire preuve d’expertise en suivant 4 parcours de formation :

  • les pathologies chroniques stabilisées
  • l’oncologie et l’hémato-oncologie
  • la maladie rénale chronique
  • mention psychiatrie et santé mentale

Dans quelques années, cette formation permettra à ces infirmiers de devenir les premiers doctorants en soins infirmiers comme on peut le voir outre-atlantique. Avant cela, la seule façon d’obtenir un Phd pour un infirmier Français, était de faire sa thèse de doctorat au Québec.

Pourquoi je souhaite poursuivre en Master

Je suis profondément concerné par la place de l’infirmier en France. Je suis rédacteur web et un blogueur santé engagé depuis plusieurs années. J’ai d’ailleurs créé un média en ligne qui m’a permis de comprendre très rapidement qu’il reste encore beaucoup de choses à écrire pour démontrer du leadership des infirmiers dans notre pays. Depuis plusieurs années j’ai pu mener de front sur mon temps personnel des projets qui vise à mettre en avant  les initiatives infirmières innovantes. Plus récemment, j’ai été inspiré par le parcours d’infirmier doctorant qui sont de plus en plus nombreux en France. Leurs parcours m’a permis de comprendre que j’avais finalement les mêmes attentes, mais surtout des compétences opposables aux leurs avec notamment cette passion pour la recherche clinique. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai décidé de suivre un Master pendant 2 ans.

Mes envies aujourd’hui me pousse à prendre des responsabilités différentes et de peut être quitter l’hôpital dans un avenir plus ou moins proche. Je me suis pourtant jeté corps et âme dans cette structure de santé et qui reste finalement peu enclin à accepter des personnalités atypique en son sein. Sa rigidité, son management vertical, son manque de reconnaissance, son incapacité à fidéliser et à s’entourer des éléments performants, son manque d’écoute et de bienveillance auront eu raison de ma motivation dans les soins.

Je me suis découvert d’autres aspirations à traîner mes baskets dans divers services hospitaliers depuis plus de 15 ans. Aujourd’hui j’ai envie de m’engager pleinement dans de nouvelles missions bercé par le challenge et l’innovation dans les soins. J’ai envie d’avoir des responsabilités différentes, de devenir un expert dans un sujet particulier, de former mes pairs et de les accompagner grâce à un management participatif et bienveillant. La découverte de la recherche clinique m’a permis de comprendre que ce travail réflexif m’était nécéssaire et qu’il permet de conceptualiser ma pensée au quotidien.

En véritable zèbre, j’ai plusieurs cordes à mon arc, je suis quelqu’un de créatif, j’aime l’innovation, je suis passionné et je me plait à performer pour les autres. En éternel communiquant je maîtrise les codes actuels de communication, je suis créateur de contenu, photographe et vidéaste depuis plus de 10 ans. Mon mode de pensée en arborescence m’a toujours permis de lier ensemble ses compétences et de former un tout cohérent.

Mais j’ai besoin d’aller encore plus loin, de faire plus et j’ai aussi besoin que l’on reconnaisse mes compétences. J’ai donc compris que cela ne pouvait passer que par une formation supplémentaire qui me permettra de tendre vers des responsabilités différentes et qui me permettra de tisser cette toile ou tout ces atouts seront utilisés à leurs justes valeurs.

Plus largement et encore une fois, je reste persuadé que l’histoire des infirmiers reste à écrire dans notre pays. Le chantier est énorme et les lignes bougent lentement, très lentement, trop lentement. L’épidémie de COVID-19 et les divers mouvements sociaux ont permis de faire avancer la cause, mais le lobby médical est tenace et la profession infirmière à du mal à s’imposer. Le manque de représentativité des infirmiers dans les instances politiques et administratives ne permet pas de partager et d’imposer nos idées, nos connaissances, nos valeurs et notre éthique. La profession infirmière n’existe pas en tant qu’expert au yeux du grand public, durant cette épidémie nous n’avons vu aucun infirmiers dans les médias, aucun chef de file qui puisse participer à des débats de santé publique. Nous avons une expertise en hygiène hospitalière et nous aurions eu toutes notre place de mener des débats sur la mise en place des mesures barrières, du lavage de main et du port du masque. Nous avons toutes les connaissances, la légitimité pour en parler et éduquer nos concitoyens en ces temps troublés.

Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet Le management en santé lui aussi est problématique, il est encore trop vertical et reste ancré dans des carcans administratifs rigides qui ne permet que trop difficilement la créativité, l’expérimentation, l’audace, l’innovation (Desrosiers 2014). Notre rôle propre n’est qu’un os qu’on nous laisse ronger alors que nous sommes capables d’offrir beaucoup plus. Notre héritage laïque est révolu et nous devons imposer nos idées et sortir de cette relation de servitude. La pensée médicale est organique, celle de l’infirmière doit être globale et elle est aujourd’hui capable d’agir en véritable chef d’orchestre, selon sa propre initiative, selon ses propres connaissances en ayant une démarche evidence base nursing.  

Quel Master pour un infirmier : mon avis sur le sujet

Depuis 2012, se spécialiser en tant qu’infirmier ne signifie plus uniquement se diriger vers une carrière comme cadre de santé, infirmier puériculteur, infirmier anesthésiste, de bloc opératoire ou encore infirmier en pratique avancée. Je ne parlerai pas également des multiples ramifications qui permettent à un infirmier de se spécialiser, mais qui ne sont hélas pas totalement reconnu malgré les compétences développées : infirmier coordinateur à la greffe, infirmier hygiéniste, infirmier en éducation thérapeutique…

Depuis les accords de Bologne et la reconnaissance du Diplôme d’état infirmier au grade License, poursuivre en Master est plutôt “aisée” et soumis à l’appréciation du comité pédagogique de l’université choisi par le candidat. Un CV, une lettre de motivation, un relevé de notes, on transmet son dossier et on attend les résultats. Parfois un entretien oral est requis par la commission pédagogique pour juger des motivations du candidat.  Mais comment faire son choix, comment une expertise ou une passion peut-elle devenir un atout et guider notre choix ?

Les perspectives sont nombreuses et j’ai tendance à penser que seul notre manque de créativité peut brider notre réflexion dans notre évolution. Le champ des possibles est vaste pour un infirmier optimiste qui sait faire preuve de ténacité pour aller au bout de ses idées. Nombreux sont les domaines connexes à notre formation et qui permettent à un infirmier de rejoindre une filière en lien avec notre cursus initial.

Alors finalement quel Master choisir ?

Notre cursus de formation est pluridisciplinaire et il s’insère donc dans plusieurs champs qu’il est possible d’explorer. Certains seront plus faciles que d’autres à intégrer, car notre Licence survole plusieurs domaines. Lister ici tous les Master qui existent en France pour un infirmier est anecdotique, mais voila quelques exemples qui me semblent interessants que j’ai classé par compétence/passion  : 

  • Master management : solidarité internationale et action sociale (Humanitaire)
  • Master infirmier de pratique avancée (soins infirmiers)
  • Master de santé publique : sciences sociales et management (chef de projet, coordonateur de projet)
  • Master Management des Organisations sociales (MOSS)
  • Master droit sanitaire et social
  • Master en Science de l’éducation (formation)
  • Master éthique de la santé publique et des nouvelles technologies (Infirmier chef de projet)
  • Master Santé publique Parcours Méthodes en recherche clinique et épidémiologique (ARC, infirmier chercheur, doctorat)
  • Master santé publique : Education thérapeutique et éducation en santé
  • Master recherche et innovation dans les soins
  • Master qualité et parcours de soins

La liste en longue et d’autres Master semblent intéressants pour un infirmier. Sur le papier ils semblent plus compliqué à intégrer n’ayant pas la Licence en rapport. Comme des Master en biologie, en Psychologie (neuroscience), science du médicament, pharmacologie…

Encore une fois rien n’est impossible si votre projet est cohérent, il faudra juste convaincre et faire preuve de pugnacité pour montrer votre motivation. 

Pour trouver, il n’y a pas de secret : il faut chercher. Pendant de longues semaines je me suis mis à chercher en faisant une liste de tout les master qui me semblait interessant. Pour trouver j’ai utilisé une méthode plutôt classique et très chronophage : visiter le site web de toutes les universités françaises ! Il n’existe aucun support à ma connaissance qui permette de trouver le master idéal en un coup d’oeil.

N’hésitez pas à regarder également à l’étranger également, il y’a d’excellent Master réalisable en E-learning (mais totalement en Anglais).

L’admission en Master : l’art d’associer compétences et motivations

Le Master est un diplôme national de haut niveau qui fait suite à la Licence en soins infirmiers. Généralement sur 2 ans, le Master (Master 1 et Master 2) confère un niveau BAC+5. Il faut aussi distinguer les masters professionnels et les Masters recherche qui permettent de se diriger plus tard vers des travaux de thèse. Les infirmiers étant titulaires d’une Licence (Bac+3) peuvent accéder à n’importe quel Master sur le papier. Microbiologie, hygiène, neurosciences, management, science de l’éducation, éthique… sont des exemples qui permettent de devenir expert d’un sujet. Mais sachez-le, vous ne serez pas prioritaire par rapport à étudiant qui termine sa Licence 3 de Biologie et qui souhaite poursuivre en Master.

L’admission étant soumise à une commission pédagogique, il faudra démontrer dans sa lettre de motivation de son intérêt pour la formation, faire part de son projet, de ses motivations, mais aussi des compétences développées depuis la formation initiale et en lien avec la formation désirée. Plus le Master est éloigné de la License en soins infirmiers, plus il faudra faire preuve de persuasion dans son dossier. Vous avez pu acquérir des compétences dans le domaine que vous souhaitez étudier, vous avez occupé un poste pour lequel mais vous n’avez pas la License en rapport, il est aussi possible de faire une VAP (validation des acquis professionnels), voir même une VAE. En plus de valider votre expérience, ces dispositifs peuvent même vous permettre de réduire la durée de la formation et de valider des unités d’enseignement (ce qui vous coûtera aussi moins chère).  

L’élément le plus important dans le montage de son dossier, c’est finalement la fameuse lettre de motivation qui permet de cibler les attentes, et les compétences du candidat. Cette lettre sera l’élément de persuasion qui vous permettra de souligner la cohérence de votre parcours. Ce courrier doit permettre de véritablement tisser votre portrait robot, elle sera teintée de votre expérience professionnelle, personnelle et académique. Cette lettre devra faire aussi apparaître vos points forts, vos compétences et vos atouts personnels. Elle devra aussi dire pourquoi finalement vous souhaitez suivre ce Master, quel est votre projet et ou vous souhaitez aller avec.

Toutes vos activités extra-professionnelles doivent aussi apparaître, vous êtes actif dans le milieu associatif, vous faites de la formation ou êtes freelance dans la photographie ? Dites-le !



Master en présentiel, à temps plein, E-learning ou en cours du soir

Il est possible de suivre plusieurs voies pour réaliser son master. Il faut d’un côté peser les avantages et les inconvénients pour chaque possibilité.

Présentiel : vous suivez votre master à temps plein et faites votre rentrée universitaire comme n’importe quel étudiant. L’avantage c’est que vous avez tout votre temps pour suivre les enseignements, réviser  et réaliser les évaluations. Inconvénient : vous n’avez aucune ressource financière pendant les 2 ans.

E-learning : Vous continuez à travailler et vous suivez votre master à distance via une plateforme dédiée. Vous avez donc champs libres pour organiser votre emploi du temps et vous n’avez aucun problème pour vivre durant ces 2 années. Inconvénient : vous cumulez une double activité et il peut être difficile de concilier travail et études.

Cours du soir : en présentiel, les cours sont aménagés pour des personnes insérées dans la vie active. Les cours se déroulent en fin de journée à l’université et permettent de continuer à travailler.

Dans un prochain article nous parlerons des différences entre un cursus en formation continue ou initiale.

Admis en Master l’épineuse question du financement

Vous êtes admis en Master, félicitation ! Sachez qu’une 2e épreuve débute maintenant, le financement de votre formation… Sachez qu’il existe de nombreux dispositifs qui permettent de se faire financer son Master en tant que salarié.

Votre région : si le Master est effectué hors de votre temps de travail, Il est possible de se faire financer grâce à une aide de votre région. N’hésitez pas à contacter le service bourse et formation de votre région ou consultez le site internet de celui-ci. Des conditions d’âges peuvent s’appliquer.

Votre employeur : c’est votre meilleure piste, mais pas la plus simple. Il faudra prouver par A + B que le Master que vous souhaitez étudié sera bénéfique pour le service, le pôle, voire l’établissement. Dans la fonction publique hospitalière, n’hésitez pas à faire appuyer votre demande par votre cadre de santé, cadre de pôle, voir votre chef de service. Sachez-le, les formations sont obligatoires pour le personnel, vous cotisez d’ailleurs pour ça tous les mois. Même si c’est un droit, votre souhait peut être mis en concurrence avec vos collègues.

Dans l’idéal, il ne faut donc pas faire les choses n’importe comment. Il faut savoir qu’une demande de formation doit être faites à N-1, c’est à dire au moment de l’entretien professionnel qui a lieu chaque année et qui est mené par votre cadre de santé. C’est à ce moment que vous devrez faire votre souhait de formation pour qu’il entre dans le plan d’orientation de formation de votre l’établissement.

Le plan de formation comprend :

  • Des actions de formation professionnelle initiale théorique et pratique pour les personnes sans qualification professionnelle accédant à un emploi afin de les préparer à cet emploi ;
  • Des actions visant à garantir, maintenir ou parfaire les connaissances et la compétence des agents
  • Des actions de préparation à la VAE ;
  • Des actions de préparation aux examens et concours
  • Des actions permettant aux agents de suivre des études favorisant la promotion professionnelle, débouchant sur les diplômes ou certificats du secteur sanitaire et social
  • Des actions de conversion leur permettant d’accéder à des emplois exigeant une qualification nouvelle

Le problème, c’est que souvent l’envie de réaliser une formation arrive a posteriori de ce fameux entretien. Il est possible de se faire financer son Master en cours d’année et ce sera à négocier avec votre cadre supérieur en fonction du budget disponible.

Mon compte formation (CPF) : il est possible de financer son Master avec les heures détenues sur votre compte formation. Une fois votre compte créer vous verrez le solde disponible et qu’il sera possible de déduire des coûts pédagogiques de l’université. Attention même si ces heures vous appartiennent il vous faudra parfois l’autorisation de votre employeur pour les utiliser, il existe plusieurs exceptions et le mieux et prendre rdv avec votre responsable formation.

Votre OPCA : en tant que salarié nous cotisons tous à un Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) chargé d’e financer les formations du personnel. Dans la fonction publique hospitalière, c’est l’ANFH qui est l’organisme chargé de récolter la participation obligatoire aux actions de formation au titre de la formation professionnelle continue des établissements. L’idéal pour un Master est de déposer un dossier pour réaliser un Congé de formation professionnelle (CFP). Ce dispositif permet à n’importe quel agent (titulaire ou contractuel) de prétendre à un congé pour réaliser sa formation. C’est le dispositif que j’ai choisi pour financer mon master qui se déroule à 100% en E-learning. 

L’avantage du CFP dans mon cas :  je continue à travailler, je n’ai donc aucune perte de salaire (quasiment aucune) et je reste salarié dans mon établissement. Comme je fais toujours partie de l’effectif infirmier, cela reste complètement transparent pour mon employeur et il est plus enclin à m’autoriser à me former. Le seul inconvénient d’un CFP c’est que vous devez vous absenter au minimum 10 jours durant la durée de votre master. Avec ma cadre nous avons donc convenu que je serai absent 1 jour par mois pendant 10 mois. Pendant 1 journée je serais donc payé à 85% de mon salaire brut. Ce qui est une bien maigre perte par rapport aux avantages de ce dispositifs. Résultat : financement réussi de plus de 10 000€

Pôle emploi : si vous être contractuel et inscrit au pôle emploi, il suffit de prévenir votre employeur que vous ne souhaitez pas poursuivre votre contrat dans l’établissement. Ne signez rien et n’envoyez rien, ne pas renouveler un CDD dans la fonction publique est synonyme dans certains cas à une démission. Voila pourquoi il vaut mieux parler de son projet à la DSSI et ainsi quitter l’établissement en bon terme. Dans certains cas, le pôle emploi pourra aussi financer le coût pédagogique de votre Master, il suffit de vérifier sur ce portail ou d’en parler avec votre conseiller.

CPF de transition (ex. CIF) : pour les salariés il est possible de demander un congé individuel de formation. Permets au salarié de s’absenter de son poste afin de suivre une formation pour se qualifier, évoluer ou se reconvertir. Pour en savoir plus.

 



Comment parler le même langage que l’ANFH pour avoir une chance d’être financé

Pour avoir une chance décrocher le Saint-Graal, il faut comprendre ce que demande l’ANFH et se mettre à la place de l’instance paritaire. Dans votre dossier de demande de CFP, la ou vous devrez convaincre c’est sur la partie motivation. 5 questions qui permettent de juger des motivations du candidat et de prouver que cette formation est un projet réfléchi et non une lubie. Il est également permis de mettre tout document qui pourront convaincre les l’organisme financeur. N’ayez pas peur d’en faire trop et n’hésitez pas à joindre tous les documents susceptible de faire pencher la balance en votre faveur. Lettre de recommandation, offre d’emploi, fiche de poste du futur emploi…

Selon moi il faut être conscient et logique dans sa demande, l’ANFH ne vous financera que si votre formation répond à plusieurs critères :

  • Le coût de cette formation (plus le cout pédagogique est bas, plus vous avez des chances d’être financé)
  • Votre projet est-il véritable (il faut être capable de montrer que le projet est réfléchi et qu’il débouche sur un emploi recherché)
  • Cette formation s’effectue sur le temps de travail ou hors temps de travail (hors temps de travail il faudra aussi dégager du budget pour vous remplacer)
  • La formation débouche sur un métier en tension dans votre région (pourquoi financer un master qui n’offre aucune perspective d’emploi ?)
  • Le Master permet il une vraie montée en compétence dans le domaine choisi ?
  • Votre projet professionnel est il cohérent ?

Et le diplôme universitaire ?

La formation d’infirmier est vaste et les unités d’enseignements survolent plusieurs domaines malgré les 3 ans de formation. Nous sommes nombreux à le dire, à l’issue du diplôme nous ne sommes pas prêts, même si on le devient rapidement confronté à l’épreuve du feu. Le diplôme universitaire permet justement de combler ce manque et permet d’acquérir des connaissances supplémentaires dans plusieurs domaines vastes et variés. Plaie et cicatrisation, l’éducation thérapeutique, geste et soin d’urgences, médecine tropicale, réanimation…sont des diplômes qui permettent d’approfondir des thématiques rapidement survolées dans notre cursus initial et d’acquérir des connaissances pointues dans le domaine étudié grâce à un enseignement universitaire.

Les DU ne sont pas soumis à l’approbation du ministère de l’Enseignement et chaque université est donc libre dans son enseignement et dans la conception du programme. Il faut comprendre que l’on fait un DU pour-soi et bien souvent il est compliqué de faire entendre ses motivations à un supérieur hiérarchique. Pour se faire financer un DU, il faut démontrer d’une véritable plus valus pour le service, ainsi un DU en maladie tropicale alors que l’on travaille en endocrinologie sera plutôt difficile à faire subventionner.

Au cours de notre carrière et en fonction du service ou l’on évolue, nous sommes nombreux à vouloir développer notre expertise et répondre à un besoin de formation spécifique à un domaine. Comme tous professionnels compétents, on a envie d’accroître ces connaissances et de développer une véritable expertise dans son domaine pour offrir la meilleure stratégie thérapeutique à nos patients. Les diplômes universitaires permettent de répondre à cette démarche et ils sont nombreux en fonction du domaine recherché. Allant de 6 mois et jusqu’à 2 ans pour les plus longs, les diplômes universitaire permettent d’acquérir des compétences spécifiques qui ne sont pas abordées dans notre cursus initial. Parfois légitime, parfois fantaisiste, pour choisir son DU, il convient de se poser plusieurs questions avant d’initier les démarches d’inscriptions auprès de l’université :

  • Quel domaine je souhaite approfondir ?
  • Quel est la plus valus de suivre ce DU, pour moi, pour le service, pour les patients ?
  • Aurais-je le temps personnel nécessaire pour suivre ce DU ?
  • Comment vais je financer ce DU ?

Un diplôme universitaire n’est pas une formation diplômante, comme je l’ai spécifié, un diplôme universitaire permet de se spécialiser dans un domaine précis. Il n’est pas soumis à autorisation du ministère et le programme est placé sous l’égide de l’université qui le dispense. Certains DU permettent cependant d’exercer une fonction particulière et sont inscrits au RNCP, mais c’est plutôt rare.

Comment financer son Diplôme universitaire ?

Il existe plusieurs possibilités pour financer son diplôme universitaire pour un infirmier et j’en parle un peu plus haut dans la partie financement. En règle général l’hôpital est peu enclin à financer les DU, s’il ne répond pas à un besoin immédiat par l’établissement, l’autofinancement est souvent la règle.

Mon diplôme universitaire me permettra t’il de prétendre à un Meilleur salaire ?

Oui et non. Dans certains postes, le diplôme universitaire permet d’acquérir des connaissances spécifiques et vraiment recherchées. En éducation thérapeutique, le DU permet de postuler sur un poste d’infirmier en éducation thérapeutique. En réanimation le DU greffe et transplantation d’organes permet de consolider ses connaissances en tant qu’infirmière rattachée à l’équipe de coordination et de prélèvement d’organe. Un Manip radio peut aussi prétendre à plus de responsabilités en ayant un DU d’échographie. L’hôpital est régi par des règles, lois et décrets, tout est formalisé et chaque poste doit correspondre à une grille de métier. Dans le privé où les salaires répondent à des conventions, il est plus facile de faire valoir ses compétences et de négocier son salaire sur un poste particulier pour lequel on postule. Il est donc plus facile de demander une valorisation salariale en fonction des compétences et des diplômes obtenus ce qui est plus difficile à l’hôpital.

 




C’est terminé pour ce premier article, n’hésitez pas à me dire en commentaire s’il a permis de vous éclairer dans votre choix sur la poursuite d’étude quand on est infirmier. Si j’ai un peu de temps, je publierai également un article sur comment le storytelling me permet au quotidien de rédiger des courriers convaincant et nous parlerons également de la poursuite en doctorat.  

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Commentaires :

  • TOURILLON Jézabel

    8 septembre 2020

    Merci beaucoup pour votre article. Il me conforte dans mon choix de continuer vers un DU ou un Master et vous m’avez donné quelques pistes. Je n’ai plus qu’à faire des recherches avant de me lancer.

    répondre...
  • Banse

    8 septembre 2020

    Bonjour.
    Bel article.
    Tout est bien expliqué.
    Pour ma part Master 2 management de la qualité des organisations obtenu en mars 2020.
    Je me suis toujours formée. Diplôme initial en 1995.Du santé éducation en 2000. Cadre de santé 2003. Et maintenant Master 2.
    Cela m à permis de m enrichir et me permettra de me positionner sur 1 poste de grade supérieur qui me plairait.
    Bonne continuation.

    répondre...
  • dim

    8 septembre 2020

    Excellent article qui résume très bien les diverses manières de parfaire notre formation. En espérant que nombre de nos consœurs(frères) s’engouffreront dans ce processus et ferons ainsi progresser et valoriser notre profession. Par contre si je peux me permettre, il faudrait corriger license par licence! Désolé, c’est mon coté rabat joie de l’orthographe! En tout cas merci pour ce travail et la gestion de l’excellent groupe FB infirmiers dans le monde!

    répondre...
  • Marion Carrera

    9 septembre 2020

    Merci pour cet article! Infirmiere en recherche Cinique, je souhaiterais vous contacter pour de plus amples informations concernant votre master …serait-ce possible??
    Merci

    répondre...
  • Perrine C.

    6 novembre 2020

    Merci pour cet article ! Je viens de découvrir votre blog et votre parcours, je suis conquise. Vous êtes inspirants et motivants ! Là, tu as su mettre les mots et résumer une situation difficile, trop peu entendue et comprise. La profession manque cruellement de porte-parole. En espérant que l’évolution soit positive, et qu’on arrive à la faire prendre le bon chemin. Bonne continuation à vous et encore merci

    répondre...

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