Rejoindre Belem depuis Macapa : traverser l’Amazone avec son véhicule


C’était une étape majeure dans ce roadtrip et enfin nous y sommes : nous voilà arrivés dans la capitale de l’état de l’Amapa : Macapa. Nous avons (tant bien que mal !), vaincu la fameuse piste BR156 et nous découvrons de façon enthousiaste et rêveuse les rives du mythique fleuve Amazone. Ce fleuve qui est un vrai labyrinthe est le plus large du monde ! Parfois le temps est bercé par la brise, aujourd’hui le fleuve est légèrement agité. Nous avons une mission ce matin : trouver un navire qui soit assez grand pour notre Van et nous et qui accepte que l’on voyage à son bord pour aller jusqu’à Belém, ville située à plus de 250km, de l’autre côté du fleuve.

Rejoindre Belem depuis Macapa : traverser l’Amazone avec son véhicule

Nous sommes arrivés de bon matin à Macapa pour avoir le temps de faire nos recherches sur place et pouvoir ainsi embarquer rapidement. De ce que nous avions pu lire, il est possible de réserver son bateau depuis Macapa. En réalité on apprend que l’embarquement ce fait au port de Santana, une petite ville située à une quinzaine de minutes de Macapa.

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Trouver le port de Santana

D’après nos recherches, il est préférable d’aller négocier directement au Port où nous embarquerons, il s’agit du port de Santana. Nous ne faisons donc que traverser cette grande capitale de 450 000 habitants et grâce à notre GPS fait maison nous sommes rapidement sur la bonne voie. Heureusement d’ailleurs que nous avions ce moyen pour nous guider, car ici au Brésil peu de panneaux indiquent les directions et il n’est pas rare de se retrouver sur un rond-point sans aucune indication ou devant une bifurcation sans nom.

Santana est une petite ville portuaire de proche de Macapa. C’est le point de départ pour bon nombre de personnes souhaitant aller vers Belém. Tout au long de la route, nous croisons de petites baraques en bois où il est possible d’acheter du poisson ou des crevettes. Au bout de cette route qui longe la côte se trouve le port d’embarquement. Ce sera à vous de vous débrouiller pour le trouver, car il n’est pas du tout indiqué.

Rejoindre Belem depuis Macapa : traverser l'Amazone avec son véhicule

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Rejoindre Belem depuis Macapa : traverser l'Amazone avec son véhicule

Rejoindre Belem depuis Macapa : traverser l'Amazone avec son véhicule

Négocier la traversée avec un prestataire

Dés notre arrivée avec nos 2 véhicules (nous voyageons toujours avec Loic et Boris ainsi que leur Toyota), un homme face au port nous fait signe. C’est un rabatteur qui travaille pour une des nombreuses agences de transport maritime. Il veut savoir où nous allons et nous indique où stationner pour parler, il nous emmène ensuite vers son bureau pour discuter. Mes quelques notions de Portugais me sont bien utiles, car ici personne ne parle autre chose que sa langue natale.

Rejoindre Belem depuis Macapa : traverser l'Amazone avec son véhicule

 

Nous voulons traverser jusqu’à Belém avec nos véhicules. Il nous dit que c’est possible, il y a un bateau qui part demain matin où la voiture peut passer, mais qu’il faudrait peut être enlever quelques accessoires, car c’est limité à 2m50. Nous sommes ravis puisque nous culminons à 2m30 ! Il nous annonce que pour la voiture la traversée coûte 600 RS et pour chaque passager 130 RS plus une taxe du port de 30 RS. C’est en dessous des prix auxquels je m’attendais et le taux de change est tellement en notre faveur que je ne négocie même pas. Nous réservons et par sécurité nous ne paierons que 20% par avance, le reste sera versée le jour même. Le rendez-vous pour embarquer est pris le lendemain à 9h.
1€ = 4,10 réals

Visiter la ville de Macapa

Il est 13h, nous avons donc l’après-midi pour nous et ainsi retourner à Macapa manger et visiter la ville. Il y a principalement deux choses à voir à Macapa le fort “Fortaleza” et le “Marco Zéro”. Nos estomacs nous mènent à la baguette comme d’habitude, nous choisissons d’aller du côté du Fortaleza, sur le front de mer du fleuve Amazone pour nous sustenter. C’est à cet endroit à côté de ce fort, tout le long de l’Amazone que nous trouvons de nombreux Churrascaria (restaurant spécialisé dans les grillades). Le concept est simple : pour 10 Reals (soit 2 euros 50) vous vous servez en libre-service parmi bon nombre de plats et vous choisissez votre viande que le cuistot prépare devant vous. Autant vous dire que l’on s’est régalé !

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Macapa a la particularité d’être l’unique ville du Brésil traversée par la ligne de l’équateur. Pour symboliser cette ligne, un Obelisque ainsi qu’une ligne à été construite et montre bien la séparation entre l’hémisphère Nord de l’hémisphère Sud.

Des guides de l’Office du Tourisme sont sur place et nous expliquent  (en Français s’il vous plait !) l’histoire de cette ligne nommée ici Marco Zéro.

Nous avons même eu droit a une drôle de démonstration, l’intensité du champ magnétique est ici un peu plus intense ce qui permet de faire tenir les oeufs en équilibre sur la ligne équatoriale. Impressionnant !

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À la base Macapa ne devait qu’être une ville de transit pour nous, en nous baladant nous sommes agréablement surpris de trouver autant de choses à voir et à faire. Et c’est un peu frustré que nous devons repartir rapidement, nous avions donné rendez-vous à nos compères Loic et Boris et à force de trainer nous sommes en retard pour chercher et trouver un bivouac pour la nuit.

Devant la nuit qui est déjà là et ne trouvant rien à proximité de Santana pour le bivouac nous décidons de demander à la Police de Santana si nous pouvons dormir sur leur grand parking. Le feeling passe bien avec le Policier de l’entrée, ils doivent demander l’accord à leur supérieur. 20 minutes plus tard, la réponse tombe “Nous sommes la police fédérale et les étrangers dépendent de la police militaire, nous ne pouvons donc pas vous accueillir”. Il ne nous reste plus qu’à chercher un autre endroit à l’écart de la ville.

Un de nos préceptes en road trip et de ne jamais rouler la nuit. En général on s’attache à trouver notre lieu de bivouac en fin d’après-midi. Mais là, par notre faute, nous avions tout faux, chercher un lieu pour dormir à côté d’une grande ville au Brésil, à la nuit tombée est impossible et nous allons payer chère notre erreur.

Au bout de 30 minutes, nous trouvons enfin une piste, nous nous engageons sur celle-ci et quelques dizaines de mètres après nous y être engagé nous entendons une sorte de “pchhhhhhhhhhhhht”… – C’est quoi ce bruit ?- Yohan sort et regarde les roues. Damned ! Nous venons de crever ! La roue arrière gauche est complètement à plat !

Nous sommes littéralement tombés sur un os ! Une fois descendus du véhicule on s’aperçoit que la piste est jonchée d’os de vaches partout. L’un d’entre eux, le plus saillant a donc perforé notre pneu arrière gauche. Loic et Boris viennent à notre aide pour changer rapidement la roue et poser la roue de secours, ils n’en reviennent pas eux non plus ! Nous ne pensions pas nous servir de notre cric Hi-Lift aussi rapidement.

Autant de poisses… Après le bruit inquiétant, maintenant la crevaison ! Nous en avons assez pour aujourd’hui, nous décidons de dormir ici pour cette nuit.

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L’étape décisive : Réussir à monter à bord du bateau

Le lendemain nous nous rendons comme prévu à 9h au port, nous montrons nos tickets et là, grosse mauvaise surprise : la hauteur d’accès pour le vehicule sur le bateau n’est pas de 2m50 comme annoncé, mais de 1m90 ! Même en enlevant tous nos accessoires sur le T4 Syncro, ça ne passera pas. Heureusement l’homme qui nous a vendu les billets est là, il est surpris et nous explique que demain l’ouverture du bateau sera bien plus grande et que c’est sûr avec celui de demain ça passera. On a quelques doutes, mais on accepte de revenir essayer le lendemain.

Comme nous avons la journée devant nous, nous décidons d’essayer de régler le problème de bruit du véhicule que nous avons depuis la piste. Dans un garage, j’essaie difficilement d’expliquer en portugais le problème. Une femme non loin de là qui attendait le bus écoute d’une oreille et nous entend. Elle nous propose spontanément de traduire, nous lui parlons en Anglais puis elle traduit en portugais.

Nous venons de rencontrer Dada, une Brésilienne d’origine indonésienne d’une gentillesse incroyable ! Elle explique au garagiste notre problème, mais il ne peut rien pour nous, car c’est un poseur de pneu et rien d’autre.

Dada nous propose alors de nous conduire chez son petit garagiste. Il démonte la roue et en 20 secondes identifie la panne : notre biellette de direction a du jeu, il faut la changer. Dada appelle alors un de ses amis pour nous accompagner faire le tour des pièces auto de la ville. Sans rentrer dans les détails, nous ferons avec eux plus de 8 magasins de pièces détachées ! Dont Volkswagen Brésil ! Ils passeront la journée à nous aider, mais en vain : ici ce véhicule n’existe pas et il est impossible de trouver cette pièce. Dada et son ami nous prête même un appartement pour passer la nuit sereinement et continuer les recherches le lendemain !

De retour au garage, nous demandons au garagiste de remettre la pièce défectueuse en attendant de solutionner le problème. 1h plus tard, nous récupérons le véhicule et là miracle : plus aucun bruit ! Le garagiste nous explique qu’il a resserré la pièce pour nous permettre de rouler, mais qu’à terme il faudra la changer. C’est parfait cela va nous permettre de prendre le bateau direction Belém !

Le lendemain 9h nous sommes de nouveau au port, l’Ana Beatriz IV est bien là, nous allons inspecter le port pour embarquer les voitures. L’entrée est en effet un peu plus haute mais encore loin des 2m50 annoncés. Nous mesurons au mieux 2m05 de hauteur pour monter à bord ! On comprend alors que ça va se jouer au centimètre. Le capitaine nous demande alors de retirer tous les accessoires possibles et de dégonfler les pneus. Yo se lance donc dans le démontage de la galerie, de la douche solaire, du auvent, et même des barres de toit ! Tous les passagers montés à bord nous observent. Puis on dégonfle les pneus à 1 bar. Nous sommes maintenant à 2m04, tout ça va se jouer au centimètre près.

Macapa Belem : comment traverser l'Amazone avec son véhicule ?

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Macapa Belem : comment traverser l'Amazone avec son véhicule ?

Loic et Boris sont les premiers à monter à bord avec leur Toyota, le stress est palpable. Le capitaine fait lui même la manoeuvre pour entrer le véhicule. Après quelques réajustements, ça passe, pas de beaucoup, mais ça passe. Nous, nous devons monter à l’autre bout du navire et le capitaine doit donc déplacer le bateau pour qu’on puisse monter. Notre stress augmente, surtout lorsqu’on se rend compte que le navire est à 1 mètre du ponton et qu’il ne peut pas faire mieux. Nous allons devoir passer sur 2 planches en bois à peine plus large que nos pneus. Ok, No Stress !

Yohan est au volant, la pression monte. J’essaie tout de même de me concentrer pour filmer. Yo monte sur les planches guidées par les Brésiliens. Il ne comprend pas toutes leurs indications et tourne les roues  alors qu’il ne fallait pas bouger : une planche tourne et n’est plus du tout dans l’axe ! Oh misère. Je lui dis de ne plus bouger. 2 roues sur le bateau, 2 autres sur le ponton… Et côté droit, ça ne passe pas, l’aile du van frotte à la barrière du bateau ! Bon il faut faire machine arrière.

Le second prend le volant pour nous sortir de ce mauvais pas. Une fois le véhicule de retour sur le ponton, le capitaine s’enquièrent de la situation. Il pense que ça ne passera pas, le second lui assure que oui. Ils négocient en Portugais (on ne comprend pas tout) le capitaine monte à bord du véhicule. Il prend les choses en main et guidé par ces collègues, ils montent à bord en douceur, avec ce nouvel angle d’attaque ça passe tout juste ! Mais nous y sommes, nous sommes à bord avec juste une égratignure sur l’aile !

Petite anecdote

Notre entrée sur le bateau fût l’attraction de tous les passagers, à tel point que le capitaine a du faire une annonce au micro pour leur demander de se répartir sur les 2 côtés du navire, car l’ensemble des passagers regardait le spectacle et faisaient penché le bateau. Après notre montée à bord, j’ai même vu des gens s’échanger de l’argent : je crois qu’ils avaient pris des paris ! Ici on parie sur beaucoup de choses. De même qu’après, les passagers ont salué Yohan a son passage, en levant le pouce !

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Chargement du van au port de Macapa (Santana).Chargement du van au port de Macapa (Santana). Alors ça passe ou pas ? ! #roadtrip #Brazil

Posté par Flo&Yo sur samedi 24 octobre 2015

 La vie sur le bateau

Nous allons donc passer 24h à bord de ce navire. Il est composé de 3 étages : le notre où sont les véhicules et la cargaison, le 1er étage où tous les passagers ont déjà installé leur hamac, le 2ème étage avec le bar et quelques places de hamac et enfin le toit du bateau avec des tables et les canaux de sauvetages.

Après de telles émotions, je retrouve Yohan au bar, pas étonnant ! À peine arrivés, une tablée de chauffeur Brésilien nous invite à l’apéro. Ce sont des routiers qui ont mis leur camion sur un bateau plus grand et voyagent dans celui-ci. L’ambiance est festive, il est midi et nous relâchons la pression. Le bar diffuse de la musique brésilienne en continu (et avec le volume à fond), il vend à boire et fait aussi deux-trois choses à manger. Après la 4ème tournée de bière, nous nous échangeons des présents, nous offrons à notre tour en souvenir un sticker “I love Paris”. Le routier Brésilien est très touché et me promet de le mettre sur son camion.

La traversée est douce et tranquille, cela permet de nous reposer quelque peu mais surtout d’admirer le plus grand fleuve du monde : l’Amazone ! Mais on en garde un peu pour notre prochain article 🙂

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Macapa Belem : comment traverser l'Amazone avec son véhicule ?

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9 Commentaires

  1. Avatar
    francoise
    29 octobre 2015
    Répondre

    j espere que vous pourrez vous garer en securité a Belem; des amis ont eu de gros problemes; faites vraiment gaffe; bonne route. Une copine de Monique.

    • Avatar
      31 octobre 2015
      Répondre

      Bonjour Françoise, en effet nous ne nous sommes pas sentis bien dans la ville de Belém…Une ambiance assez particulière et pesante. Nous y sommes restés 2 jours, car nous avions besoin de pièces détachées et quand nous nous baladions en ville, les gens nous disaient de ranger notre appareil photo et nos téléphones…Alors que nous étions en pleine ville et en plein jour !

  2. Avatar
    31 octobre 2015
    Répondre

    Ah ouais, ça c’est de l’aventure, vous avez dû un peu transpirer 🙂

    • Avatar
      31 octobre 2015
      Répondre

      Sans nul doute une des meilleures parties de cette aventure (jusqu’à maintenant !).

  3. Quel beau récit !
    Merci

  4. Avatar
    5 novembre 2015
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    Superbe voyage et une belle aventure !!!

  5. Avatar
    18 novembre 2015
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    De la douceur et surtout une grand Aventure amazonienne que l’on partage avec Grand Plaisir et Passion … 😉

  6. Avatar
    Patrice Fouilleul
    17 juin 2018
    Répondre

    Bravo pour ce superbe “reportage” !
    Ayant déjà vécu des aventures similaires au Brésil il y a une vingtaine d’années, vous m’avez fait rêver !
    Et comme ma femme et moi devons dans deux ans nous installer en Guyane, Cayenne-Belem sera notre premier “trip” en 4×4 !
    Merci encore.

  7. Avatar
    Tatiana
    14 mai 2019
    Répondre

    Bravo pour ce beau récit de voyage qui m’inspire pour organiser nos vacances d’août !! J’admire votre courage, votre énergie et souhaite vivre des pareils moments avec mon mari. Nous comptons faire le trajet Cayenne – Jericoacoara en voiture. Beaucoup des questions me traversent l’esprit et heureusement on retrouve beaucoup d’informations sur les blogs des passionnés comme vous. J’ai surtout du mal à estimer le temps qu’il nous faudra pour faire un aller-retour, entre 10 et 14 jours pensez-vous que c’est faisable ?
    Merci beaucoup pour le partage de vos conseils
    Tatiana

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