Travailler à Wallis et Futuna en tant qu’infirmière : le regard de Sophie


Travailler à Wallis et Futuna en tant qu'infirmière : le regard de Sophie

S’il y’a bien un endroit qui nous fait du charme depuis pas mal de temps, c’est bien l’archipel de Wallis et Futuna située dans le Pacifique. Nous avons découvert cette collectivité d’outre-mer (ce sont donc des îles Française), tout simplement un documentaire sur France Télévision. Notre communauté est aujourd’hui tellement étendue qu’on nous envoie des mails du monde entier. Alors quand Sophie, une infirmière expatriée dans le pacifique nous a dit qu’elle travaillait à Wallis, on a sauté sur l’occasion !

Travailler à Wallis et Futuna en tant qu’infirmière : le regard de Sophie

  • Bonjour Sophie, pourrais-tu te présenter ? Tu es infirmière depuis combien de temps ?

Je m’appelle Sophie, j’ai 26 ans et je suis infirmière depuis 2 ans. Mes études je les ai faites dans ma ville natale à Montpellier. J’ai exercé, une fois mon diplôme obtenu dans une clinique polyvalente durant 10 mois. J’étais l’infirmière « volante », j’ai pu voir de nombreux services avant d’avoir sur un poste fixe en chirurgie orthopédique et esthétique. J’ai par la suite fait de l’intérim pour découvrir diverses manières d’exercer le métier.  Les jours passés et je ne m’y retrouvé plus vraiment. Changer de service et d’équipe régulièrement, les conditions dans lesquelles je travaillais… sans m’en rendre compte je commençais à remettre en question mon choix professionnel. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais besoin d’une vraie expérience personnelle et professionnelle, qui me conforterait dans l’idée que j’ai choisi d’exercer un merveilleux métier.

Travailler à Wallis et Futuna en tant qu'infirmière : le regard de Sophie

Mon côté joyeux, aventurier et dynamique mélangé à mon dicton « avec la volonté et la persévérance tout est possible » je démissionne et prend des billets pour vivre ma propre expérience à 20 000km de mon appart, en Nouvelle-Calédonie ! (Ça à l’air bien rapide comme décision, mais bien 8 mois se sont écoulés entre l’idée et les faits concrets !!)

  • Tu travailles depuis le mois de janvier sur l’île de Futuna (archipel de Wallis et Futuna) peux-tu nous en dire plus ? peux-tu nous dire pourquoi avoir choisi cette île ?

Je n’ai pas particulièrement choisi l’île du Futuna. Je suis arrivée en Nouvelle-Calédonie fin octobre sans avoir trouvé un travail au préalable et sans idées précises. J’avais juste comme préférence de travailler en dispensaire, à l’extérieur de Nouméa, la grande ville. Je postule donc à la province sud où ils me proposent un remplacement de quelques jours à Bourail, petit village de brousse à 2h de Nouméa. J’ai postulé en même temps en envoyant un mail à une sorte d’agence d’intérim du pacifique. C’est à ce moment-là qu’ils m’ont proposé un remplacement de 3 mois sur l’île de Futuna à partir de mi-janvier. Futuna ? Il faut d’abord que je regarde sur la carte à quel endroit ça se situe. J’aperçois un petit point de terre dans le pacifique, à 50 minutes d’avion de Wallis, à 3h d’avion de Nouméa. Ça a l’air beau, j’accepte ! J’ai donc effectué mon contrat sur Bourail où je garde un excellent souvenir, puis j’ai décollé pour Futuna.

On peut vraiment dire que Futuna vit au rythme des coutumes. Un départ, une fête, une messe, un décès, une naissance, tout est prétexte à célébrer et à faire coutume.

  • Tu bosses où ? Dans quel service / structure ?

Je travaille à l’hôpital de KALEVELEVE l’unique centre de soin de Futuna. Il est composé de 7 lits d’hospitalisation ainsi qu’un service d’urgence avec deux infirmiers et deux aides-soignantes à la journée. Il y a une salle de surveillance rapprochée/réanimation.  Il y a également une kinésithérapeute, une sage-femme, une dentiste, 3 médecins, 2 personnes pour la PMI, une manipulatrice en radiologie, une pharmacie, un laboratoire ainsi que des emplois locaux relatifs au bon fonctionnement de l’hôpital. Le travail s’effectue sur des journées de douze heures avec une petite semaine (2 jours) et une grande semaine (5 jours). En alternance deux semaines de jours puis deux semaines de nuit. Une petite caserne de pompier avec un camion équipé est également présente.

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  • Quelles ont été tes premières impressions en arrivant là-bas ? Est-ce qu’il y a des spécificités culturelles ?

Je n’ai pas vraiment eu de premières impressions en arrivant ici. Juste l’excitation de découvrir cette île inconnue. C’est une ile authentique que j’ai découverte. Presque rien n’a changé ou peu. Les routes escarpées par les caprices du temps, les maisons traditionnelles (les falets) les arbres en fleurs, le bord de mer rocheux, les églises aussi magnifiques les unes que les autres dans chaque village, et le centre de l’île : une montagne verdoyante et très dense où des rivières y coulent timidement. Les sentiers raides sont entretenus par les Futuniens pour laisser la place aux randonneurs. Aucune activité touristique n’est présente sur l’île. Par conséquent très peu ou pas de touristes. Les expatriés présents ici font soit partie du personnel de l’hôpital, soit ils font partie de l’éducation en tant que professeurs, soit ils sont gendarmes.

La culture est très présente et reste authentique. On peut vraiment dire que Futuna vit au rythme des coutumes. Un départ, une fête, une messe, un décès, une naissance, tout est prétexte à célébrer et à faire coutume. Faire coutume c’est une manière d’agir de manière générale et répétée dans une même population. C’est reconnu par tous.  C’est réunir toute la famille, autour d’un bon festin. On tue pour l’occasion un cochon de l’élevage familial. On met ses plus belles tenues, de beaux colliers de fleurs traditionnels.  Ici on trouve des spécialités culinaires, de l’artisanat local, l’élevage de cochons, l’agriculture, la pêche. Tant de choses à explorer. Si nous sommes amoureux de la découverte de nouvelles cultures, celle de Futuna vous comblera certainement ! Les relations peuvent être timides à leur début. Mais c’est tous les jours qu’on les alimente, qu’on instaure des liens uniques. Les Futuniens sont d’une gentillesse immense. Ils sont heureux de nous transmettre leur savoir et leur coutume. Content quand on s’y intéresse. Les journées sont rythmées par des petites intentions qui font mon bonheur. On passe à côté de chez une personne, il nous ouvre les bras. On peut également passer des heures à les écouter parler de leur ile.

La grande majorité des Futuniens sont de religion catholique. Implanté sur toute l’île il y a de nombreuses années par St Pierre Chanel. Ils sont très pratiquants et vont régulièrement à la messe toutes générations confondues.

  • As – tu rencontrés des difficultés dans la prise en charge des Futuniens ?

La prise en soin de la population futunienne est intéressante et donne une légère leçon de vie. Mais d’abord la barrière de la langue peut parfois être source de difficultés. À savoir que la population parle également le français, mais les anciens ou bien certains jeunes ne le parlent pas ou le comprennent mal. Les personnes qui viennent pour des soins sont le plus souvent accompagnées. Cela permet d’avoir un interlocuteur pour nous faire la traduction. La famille est très importante et présente. La nuit et le jour la chambre du patient est remplie de personnes, parfois on peut difficilement se frayer un chemin pour accéder jusqu’au lit du malade. Les gens dorment par terre sur des nattes traditionnelles et emportent toutes leurs affaires. Il arrive parfois que le dimanche ils partagent avec nous leur festin. Un enfant est désigné dans la famille pour rester auprès du parent ou du grand parent malade ; c’est souvent des jeunes qui prennent en soin leurs grands-parents. Quand on pense que chez nous on les installe dans des maisons de repos. Ici les enfants s’occupent à leur tour de leur parent et vivent parfois sous le même toit pour s’entraider.

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Les pathologies rencontrées sont variées. On retrouve des maladies liées au surpoids : diabète, cardiopathie… Des maladies liées aux conditions de vie : leptospirose, RAA, tuberculose pulmonaire, asthme, BPCO diabète, maladies cardiaques… Les maladies tropicales : mycoses cutanées, gratte, furonculose, crise de gouttes. Il n’y a pas de paludisme. Très peu d’accidents de la circulation contrairement à la Nouvelle-Calédonie, car les routes sont tellement dans un état critique que les personnes roulent très doucement. À savoir que les cas de santé les plus graves et urgent (les femmes enceintes qui approchent du terme, les personnes qui ont besoin d’examens médicaux plus approfondis) sont EVASANE (évacuation sanitaire) sur Wallis puis sur Nouméa si besoin. Le matériel est complet à l’hôpital on trouve suffisamment de tout.  L’infirmier a à sa charge de nombreuses tâches et responsabilités et le travail se fait en équipe. L’hôpital emploie du personnel futunien et expatrié. Le savoir-vivre et l’adaptation sont des atouts à avoir si l’on veut travailler dans de bonnes conditions. Le contexte coutumier demande patience et le sens du dialogue. Tout se règle avec diplomatie et une attitude de respect.

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  • Cote administratif est-ce que c’est le même fonctionnement que la métropole ? Sécurité sociale, éducation, caf …

Cela peut paraitre étonnant, mais le côté administratif est très limité ici à Futuna (à l’inverse de la métropole !)

Il n’y a pas de CAF, ni de sécurité sociale, ni même de mutuelle. Concernant les frais médicaux, il n’y a pas de dépenses de la part de la population, l’accès aux soins est gratuit. La pharmacie délivre les médicaments gratuitement sur ordonnance du médecin. Tout est pris en charge par l’agence de santé de Wallis et Futuna.

Pas d’assurances, les diverses affaires se règlent avec la chefferie. Il est courant de résoudre les discordes en faisant coutume à la famille. Les écoles vont de la maternelle au collège. Pour les études supérieures, il faut se rendre à Wallis. Des expatriés qui viennent avec leurs enfants durant plusieurs années les scolarisent ici sans trop de difficultés.

Alors pour garder le sourire, le transmettre, apporter des soins personnalisés, me former et voyager, je préfère m’éloigner encore un peu.

  • Sur l’ile peux-tu nous décrire ton quotidien ? Quel est le cout de la vie là-bas?

Lorsque je suis en repos, je prends le temps pour profiter de l’ile. Il m’arrive d’aller visiter des Futuniens pour échanger avec eux. Nous sommes aussi un groupe d’amis avec qui passons beaucoup de temps pour se baigner, aller à la pêche, passer une journée sur l’ile sauvage de sables blancs et d’eau turquoise en face de Futuna. Il faut savoir s’occuper et aimer le calme. Pouvoir se passer des sorties en boite (quoiqu’il y a une sorte de « falet de nuit » !) ainsi que du shopping dans les grandes surfaces ! On peut également participer à la vie futunienne en allant par exemple se joindre aux femmes qui font le BINGO le soir (un loto organiser dans différents villages tous les soirs où nombreuses femmes ne se voient pas manquer ne serait-ce qu’une seule fois la chance de gagner un carton plein !) et les hommes participent au TAWASU (réunion où ils se mettent en rond par terre sous un falet et ils discutent des heures tous les soirs de la semaine, de sujets variés, autour du KAVA la boisson traditionnelle).

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Le cout de la vie (alimentation, électricité, internet) est relativement élevé par rapport à d’autres territoires du Pacifique, tout y est importé. Le billet d’avion est également couteux, sachant qu’il est obligatoire de passer par Wallis et qu’il n’y a pas de vol direct. Mais les dépenses sont moindres lorsque l’on vit sur une ile où chaque activité est gratuite et les tentations sont presque inexistantes.

  • L’ile est elle grande ? fait-on rapidement le tour ?

L’ile fait 46km² soit un petit peu moins que la superficie de Montpellier. Elle possède 3600 habitants et presque autant de cochons (animal très précieux lors des coutumes, sources de revenus et de nourriture). Elle est séparée en deux avec deux royaumes celui d’ALO à l’Est et de SIGAVE à l’Ouest.  L’île est accessible seulement par Wallis grâce à un petit avion le TWIN à raison de 2 rotations par jour. Les EVASANS (rapatriement sanitaire aérien pour des personnes souffrant d’un problème de santé) sont à organiser au préalable pour éventuellement faire voler un avion supplémentaire. Les conditions météorologiques sont indispensables à la décision de faire voler un avion. On n’est pas à l’abri de rester plusieurs jours sur l’île sans qu’un avion puisse l’approcher. Un bateau par mois accoste au petit port local pour réapprovisionner l’île.

On peut admirer les rayons vides du magasin quand approche la fin du mois ! Les réseaux téléphoniques et internet sont installés depuis peu ainsi que l’eau courante et potable que l’on ne trouve pas encore partout. Cela ne nous met pas à l’abri de certaines coupures. On apprend à s’organiser et à relativiser ! Le tour de l’ile pouvait se faire en 1h environ avec la seule route qui longe la cote. Après le cyclone Tomas en 2010 qui a violemment touché l’ile, la route a été détruite coupant net la liaison entre les deux côtés de l’ile rendant impossible de faire une boucle. Il est toujours possible d’admirer les couchers de soleil et les vagues s’exploser sur les rochers sans se lasser.

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  • Il y a-t-il encore des opportunités pour les infirmiers qui veulent venir a Wallis et Futuna ? Quels conseils peux-tu leur donner ?

Pour Futuna, les infirmiers expatriés de l’hôpital sont actuellement au nombre de 6. Les contrats sont de préférence de longue durée (1 à 2 ans), ils recherchent des personnes qui sont prêtes à venir s’installer ici pour plusieurs mois. Pour les quelques contrats courts (1 à 3 mois de remplacement) il y a des postes vacants régulièrement et peu d’annonces sont postées. C’est pourquoi les personnes intéressées ont tout intérêt à postuler d’eux même directement auprès du responsable de recrutement de Wallis. Suivant les disponibilités ils pourront prévoir votre arrivée sur l’ile de Futuna. En ce qui concerne Wallis, c’est plus difficile de trouver un poste, car l’emploi local et le besoin de contrat long et présent également. Comme partout, il faut postuler au bon moment lorsque des contrats se terminent.

C’est une des iles les plus éloignées du monde, en plein milieu du pacifique, 11h de décalage horaire avec la France, peu ou pas d’activités touristiques, mais les Futuniens ont le cœur sur la main et il y règne une sérénité qui nous fait vite oublier l’éloignement. Le mieux c’est d’oser et foncer. Avec la peur et des suppositions, on fait le tiers de nos capacités et l’on passe malheureusement à côté de nombreuses opportunités.

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  • Combien de temps comptes-tu rester ?

Malheureusement mon contrat est de trois mois, j’ai fait une demande pour être prolongé. J’ai des collègues qui y sont depuis 1 an et ils s’y plaisent beaucoup. Même si parfois prendre quelques semaines pour sortir du territoire leur est indispensable !

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  • Ton regard sur le métier d’infirmière en métropole ?

Infirmière en métropole. Ce n’est pas très optimiste de ma part avec seulement mes deux ans de diplôme que je vais énumérer mon avis ! Mais je pense quand même que les conditions d’exercices ne nous motivent pas à rester sur le territoire, à prendre soin de notre pays. Nous sommes à la recherche de conditions plus agréables pour exercer. Pas de travail à la chaine, pas de pressions hiérarchiques, ne pas se faire imposer notre manière d’exercer, ne pas être en sous-effectif. Avant on cherchait un travail en fonction de nos désirs, notre lieu d’exercice, on choisissait notre service…  Pour s’épanouir ! Maintenant nous en sommes au point de chercher un lieu d’exercice où l’on aura de bonnes conditions pour ne pas sombrer, ne pas devenir aigris, ne pas souffrir, ne pas être à bout et fatigué et où l’on sera payé correctement.

Pas de travail à la chaine, pas de pressions hiérarchiques, ne pas se faire imposer notre manière d’exercer, ne pas être en sous-effectif.

Alors pour garder le sourire, le transmettre, apporter des soins personnalisés, me former et voyager, je préfère m’éloigner encore un peu. Longue vie au site de Flo et Yo infirmier dans le monde ! La vague de départ infirmier expatrié devient énorme. Ça en fait voyager plus d’un qui n’en aurait pas forcément eu l’idée et ça fait ouvrir notre esprit professionnel et personnel.  Pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se déplacer sur du long terme, nous avons un métier qui nous permet d’exercer auprès de populations variées, de structures différentes, dans n’importe quelles régions de France toutes plus charmantes les unes que les autres.

6 Commentaires

  1. Rémi
    2 avril 2017
    Répondre

    super ce “retour” de Sophie sur l’expatriation!
    il faut que çà en motive d’autres à faire pareil!!
    Ose

  2. christine
    3 avril 2017
    Répondre

    j’ai travaillé 3 mois sur Wallis et c’était vraiment top, je me retrouve dans ce que tu dis. Profites bien de l’expérience

  3. Anthony
    9 avril 2017
    Répondre

    J’avais travaillé avec une aide-soignante Wallis-et-Futunienne à Nice (je sais plus de quelle île elle venait exactement). J’avais adoré son caractère optimiste et elle m’avait raconté un peu sa vie là-bas. Ça donne très envie!

  4. Lala
    27 mai 2017
    Répondre

    J’ai rarement lu autant de fadaises…
    Beaucoup de métropolitains qui vivent là-bas tombent rapidement dans l’alcoolisme. Les locaux sont se croient tout permis. Futuna est digne d’une république bananière, avec des roitelets incultes et imbus de leur personne.

    PS:
    Quid des relations incestueuses?

  5. Bakary
    23 juin 2017
    Répondre

    Je suis un IDE de nationalité senegalaise et je voulais tenter lexperience aller decouvrir un autre monde je voulais savoir les procedures a suivre pour deposer ma demande au sein de lhopital

  6. Romestin
    4 septembre 2017
    Répondre

    Coucou charlotte , super ton article ! J’ai pleins de questions à te poser !
    Je te laisse mon mail si tu as le temps
    manon.romestin@hotmail.fr
    MErci !

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