Pierre, infirmier en Écosse et auteur de Mes fiches en anglais


Depuis 2009, la formation en Soins infirmiers intègre désormais une unité d’enseignement d’Anglais (UE 6.2), permettant au futur infirmier d’acquérir des bases solides dans le domaine de la santé et des soins. Yohan, très pragmatique, a découvert un guide pratique qui regroupe tous les termes qu’un infirmier peut avoir besoin au cours de sa prise en soin d’une personne anglophone. Simple, complet et compact, “Mes fiches en Anglais” a donc vite atterri dans sa blouse au cours de ses nombreux stages.  C’est d’ailleurs comme cela que nous avons fait la connaissance de Pierre, le co-auteur de ce guide. Il a accepté de revenir pour nous sur son parcours d’infirmier passionné et qui exerce aujourd’hui en Écosse.

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Pierre, infirmier en Écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Nous t’avons connu grâce à ton livre “Mes fiches en Anglais”, peux-tu nous raconter comment est né ce guide pratique pour aider les infirmiers en Anglais ?

Tout à commencé à l’IFSI, le jour de mon premier cours d’anglais où je me suis demandé comment j’allais réussir à passer le DE ! Il faut savoir que mon niveau d’anglais était plutôt misérable étant donné que je n’y avais jamais vraiment accordé d’importance au lycée et que je n’avais pas vraiment pratiqué non plus… Néanmoins, il fallait bien s’y mettre !

En troisième année je ne peux pas dire que mon niveau soit bien plus élevé mais Lisa Gibello, qui est aussi la co-auteur du livre et enseignante en anglais à l’IFSI, avait réussi à nous donner les outils nécessaires pour s’en sortir un minimum en situations réelles ! L’anglais utile et pratique. C’est exactement ce qu’on peut attendre d’un étudiant infirmier fraîchement diplômé à mon avis. D’ailleurs je dis bravo à Lisa, car c’est aussi son combat de tous les jours.
Bref, comment dire, voyant le DE approcher et ayant rencontré plusieurs patients non francophones au cours de mes stages, je me suis dit que je ne voulais pas perdre les quelques compétences que j’avais acquises.

“Tout le monde le sait, une fois l’IFSI terminé, personne ne revient sur ses anciens cours.”

Tout le monde le sait bien aussi, les compétences acquises ne le sont que pour un temps donné, dans une situation donnée. En gros, au bout de trois mois en tant qu’IDE et sans pratiquer… j’allais tout perdre !

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Je me suis alors mis à la recherche d’un support qui pourrait me servir au cours de ma longue carrière d’infirmier. Rien ne me correspondait, beaucoup d’ouvrages certainement très bons et complets mais beaucoup trop compliqués pour l’utilisation pratique et instinctive que je voulais en faire.
Lors du dernier cours « goûter » (riez, mais tout les étudiants en a eu un, où vont en avoir un à la fin des études !), j’ai discuté avec Lisa et nous avons décidé d’allier nos différentes compétences. L’idée folle et le début du chantier de « Mes fiches en anglais – Le soin infirmier » était né !

“On est partis de là, de rien, mais avec l’ambition de créer un outil pratique et utile pour les professionnels.”

D’étudiants à étudiants, d’infirmiers à infirmiers. Pas besoin de tout connaître par cœur, il suffit de savoir trouver l’info rapidement et efficacement. J’aime ce concept et je l’applique pour le reste aussi ! Puis un jour à force de pratiquer, nos expériences évoluent en différents degrés de compétences. Mais je vais arrêter là car ça commence à ressembler dangereusement à mon travail de fin d’études. Intéressant !?

Pierre, infirmiers en écosse et créateur de Mes fiches en anglais

On a donc créé un prototype avec l’aide de l’un de mes amis, Roman Fortune, que je tiens à remercier car il soutient le projet depuis le début. C’est aussi l’auteur des deux vidéos ainsi que du site internet de Mes fiches en anglais. Quelques photos en exclusivité de la première maquette :

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

 

 

Après quelques recherches et rendez-vous, nous avons trouvé les éditions Libel à Lyon qui nous ont chaleureusement ouvert leurs portes.

Depuis, avec les éditions Libel, nous avons créé l’application mobile du livre et édité la version 2015 de l’ouvrage avec l’aide de « La passion du soin », notre nouveau partenaire. Nouvelles fiches, des améliorations, plus pratique, plus efficace !

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

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Voilà le flyer de lancement du livre :

Pierre, infirmiers en écosse et créateur de Mes fiches en anglais

Récemment il me semble que tu es parti vivre en Ecosse, pourquoi l’Ecosse ?

Scotland – such a beautiful country ! Bien figure-toi que j’y ai trouvé le bonheur en Ecosse, tout simplement. Elle s’appelle Vicky et maintenant je peux même dire Summer aussi, notre petite fille de neuf semaines. Ni plus, ni moins.

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Quelles sont les démarches à effectuer pour exercer là bas ?

Cela m’a pris neuf mois et pas mal d’argent à la découverte d’un diffèrent système qui reste un système administratif aussi ! La grosse différence ici c’est que le métier d’infirmier, comme celui de sage femme d’ailleurs, est régi par le NMC « The Nursing and Midwifery Council ». Une organisation d’État qui s’assure du bon exercice de la profession pour tout le Royaume Uni.

“L’idée est donc d’obtenir un numéro d’identification national permettant d’exercer la profession et ainsi d’être reconnu en tant que tel.”

La procédure est simple, il suffit de s’enregistrer sur le site du NMC. Le plus dur est de rassembler tous les documents nécessaires pour valider le dossier traduit et certifié par un avocat. Dans mon cas et parce que j’avais moins de trois ans d’expérience, il m’ont demandé tout mon dossier d’évaluation d’ESI, vous savez, le livre bleu avec toutes vos notes ! Point de vue formation, en France nous sommes chanceux car les unités d’enseignements et les temps de stages sont quasi similaires. C’est un peu différent si vous avez fait vos études dans un autre pays de l’Union Européenne ou hors de l’U.E. Alors le NMC peut vous demander de valider des modules sous forme de cours ou de stages en lien avec l’université en charge des études infirmières.

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Dans mon cas, j’ai surtout été retardé par l’ordre infirmier en France. Oui, je peux le dire, ils n’ont pas été très brillants, enfin surtout la standardiste qui m’a donné de mauvais renseignements quand j’ai appelé avant mon départ, puis ensuite en Ecosse. Pour plus de détails et si vous avez besoin d’un coup de main, contactez moi je pourrai vous aider.

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Quel niveau d’Anglais faut-il avoir ?

Je ne pense pas qu’il y ait de niveau d’anglais à avoir spécifiquement pour le NMC mais je m’attendais à avoir à passer un test. C’est peut être aussi le fait que nous avons de l’anglais au programme qui fait que je n’ai pas eu ce problème. Mais toujours est-il que pour remplir les formulaires ainsi que pour les entretiens d’embauche et CV, je conseille vivement d’avoir quelques bonnes bases ! Et puis il ne faut pas croire, il faut recommencer à apprendre tout le jargon médical et infirmier.

Quels conseils peux-tu donner aux infirmiers qui, comme nous, souhaitent s’améliorer en Anglais ? Comment as-tu fait toi même ?

Pratiquez ! J’ai commencé à m’intéresser à l’anglais le jour où j’ai eu un patient anglophone qui ne parlait pas un mot de français. Je me suis aperçu que les quelques bases acquises au cours de la formation en IFSI n’étaient pas si mal.

Je parle de phrases simples toutes faites avec un peu de vocabulaire médical, merci Mes fiches en anglais ! Après il ne faut pas croire que cela fait tout. Parler la langue de tous les jours avec sa famille et ses collègues c’est un tout autre monde. De plus, Aberdeen où je vis en Ecosse, c’est un peu comme si un anglais apprenait à parler français à Marseille !? Ici, vous pouvez faire 50 kilomètres et ne rien comprendre à ce que les gens vous racontent, plutôt intéressant non !? Meuuhhh !!???

“Tout ça pour dire que le seul moyen pour moi de vraiment progresser c’est de se lancer, partir à l’aventure et galérer.”

Mes meilleurs amis pendant six mois ont été WordRef© et Translate©. Mon premier boulot en tant qu’aide soignant en maison de retraite avant d’avoir l’équivalence infirmier m’a bien aidé aussi. Par contre quel le mal de crâne tous les soirs. Oui, on croirait pas mais apprendre une nouvelle langue ça fatigue !

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Comment est ta vie en Ecosse en tant qu’infirmier ? As tu pu voir des différences ?

Je travaille actuellement pour le N.H.S (National Health Service) à l’hôpital d’Aberdeen (Aberdeen Royal Infirmary). Le salaire n’est pas si différent qu’en France dans les hôpitaux publics. Par contre l’évolution est nettement plus intéressante à mon sens. Le Staff Nurse en U.K c’est un tout autre monde. Il m’a fallu, encore maintenant, beaucoup de temps dans le service pour comprendre qui est qui, et qui fait quoi ! Je pense qu’un petit schéma permettra de mieux comprendre (ou pas) :

 Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Je suis persuadé que tu comprends mieux maintenant en quoi c’est un peu différent pour un infirmier français qui normalement fait TOUT ! Prise en charge globale du patient !? Non, j’exagère, mais c’est une autre approche où on va dire que les tâches sont partagées et qu’il existe plusieurs « grades » d’infirmiers.

“Seulement, ici, si tu as un master, tu es reconnu en tant que tel.”

Je pense qu’un exemple parlera mieux. Dans le service où je travaille, AMIA « Acute Medical Initial Assessment », on reçoit des patients envoyés par leur médecin généraliste ou via l’équivalant d’ S.O.S médecin. Les patients arrivent par leurs propres moyens ou avec les paramedics. Le service est constitué d’un secteur urgences et d’un service d’observation pour les patients qui nécessitent une surveillance sur plus de 24h. Un infirmier est en charge d’une chambre de six patients. A l’admission, je complète le formulaire d’admission composé entre autres du recueil de données mais aussi d’une échelle d’évaluation et observation des constantes qu’on appelle SEWS ( Scottish Eraly Warning System). Cette fiche évolue en fonction de l’état du patient. Sans complications on aura un score à zéro, tandis qu’un patient qui dé-sature ou qui présente un choc hypovolémique par exemple va avoir un score à 4, 5, voire plus. Tout dépend des chiffres et de ton interprétation. Plus l’état de santé du patient s’altère, plus le score augmente ce qui donne une bonne indication en ce qui concerne la priorisation des soins.

“L’équipe médicale (qui peut tout a fait être un infirmier avec un master « Advanced Nurse Practitionner ») va poser le premier diagnostic médical, prescrire les premières drogues et examens.”

Un aide-soignant va venir faire un E.C.G et un autre va venir poser une V.V.P si ce n’est pas le « Junior » docteur. À nous infirmiers (de base) d’appliquer les prescriptions orales et intraveineuses, pompes, pousse-seringue etc… À nous de nous assurer de la surveillance du patient ainsi que de sa prise en charge globale avec de nombreux « care plan» (projets de soin) à compléter au fur et à mesure de l’hospitalisation.

Pierre, infirmier en écosse et auteur de Mes fiches en anglais

Par exemple, on calcule l’IMC de chaque patient avec une autre échelle d’évaluation des risques de dénutrition et de prévention de l’intégrité de la peau (score de Waterlow). Un patient avec une perfusion doit avoir un tableau d’entrée-sortie des poches afin de surveiller la diurèse… Un patient avec une VVP doit avoir une feuille d’évaluation du cathéter afin de prévenir tout risque d’infection et de diffusion. On doit signer une feuille de rondes, s’assurant de la bonne prise en charge infirmière du patient. Et j’en passe ! On passe pas mal de temps à compléter tous ces papiers car tout doit être écrit.

Sinon concernant l’administration de thérapeutiques, les I.V sont systématiquement vérifiés et signés par deux infirmiers, même pour une poche de NaCl. Une fois le diagnostic posé et le patient stabilisé, plusieurs solutions sont possibles. Transfert dans un service approprié, dans notre secteur « observations » ou renvoyé à la maison avec une lettre pour le médecin généraliste, des médicaments si besoin et bien souvent un rendez-vous en ambulatoire ou pour d’autres examens.

Pour terminer, voici une petite anecdote. Une fois, le service des urgences m’a appelé car ils étaient en difficulté avec un couple français. La communication devenait difficile car ils ne parlaient pas beaucoup anglais, voire pas du tout, et aucun des membres du personnel ne parlait français. Plutôt une chouette expérience, tout s’est bien fini, ils avaient surtout besoin d’un certificat médical concernant un rapatriement. Le problème c’est qu’ils ont été vus par un infirmier « Nurse Practitioner » du coup il a fallu avoir la validation du médecin chef de service.

 

Merci à Pierre d’avoir partagé toutes ces infos. J’aime particulièrement son parcours et son engagement dans ce qu’il entreprend. N’hésitez pas à lui laisser des commentaires si vous avez des questions à lui poser ! 

 

Pour en savoir plus :

8 Commentaires

  1. Olivier Saulière
    16 juillet 2015
    Répondre

    Bonjour,
    Je suis Infirmier Anesthésiste.
    Je souhaite avoir des infos sur ton parcours et sur les opportunités offertes par l’Écosse et le grade de Master.
    Y’a t’il un moyen de se joindre en privé?
    Merci d’avance de ta réponse.
    Bonne réception.

    • Eddy
      13 mars 2018
      Répondre

      Ça m’intéresse aussi !

  2. Cece64
    10 décembre 2015
    Répondre

    Bonjour

    Je suis IDE et je viens d’arriver sur Aberdeen
    J’aimerai rentrer en contact avec Pierre pour plus d’infos
    Merci
    Celine

  3. Mathilde
    4 septembre 2016
    Répondre

    Bonjour!
    Je suis actuellement en dernière année à l’école d’infirmière et j’avais pour projet de partir travailler en Écosse des la fin de mon diplôme (septembre 2017). Pensez-vous que cela posera problème étant donné que je n’aurai que très peu d’expérience? Seulement mes stages et peut être deux mois d’été…?

    Merci beaucoup !

    Mathilde

  4. jennifer
    11 novembre 2016
    Répondre

    Bonjour,
    Superbe article !
    J’aimerais poser quelques questions à Pierre sur les soins de kiné en Ecosse si possible ?
    D’avance merci,
    Jennifer

  5. Alix
    6 janvier 2017
    Répondre

    Bonjour,
    Merci pour cet article!
    Je suis infirmière, diplômée depuis un an et demi, travaillant en psychiatrie. Je voudrais partir travailler en Ecosse dès cette année. Serait-il possible de poser quelques questions à Pierre s’il-vous plait?
    Merci bien,

    Alix

  6. Gladys
    13 mai 2017
    Répondre

    Bonjour,
    Je suis étudiante en IFSI et je souhaite faire un stage en Ecosse l’an prochain.
    Serait-il possible de joindre Pierre Vennen pour avoir quelques renseignements?
    Merci d’avance,
    Gladys

  7. Ludivine
    21 décembre 2017
    Répondre

    Bonjour,
    Merci pour cet article; il éclaircit certaines zones d’ombres! 🙂
    Je suis infirmière, diplômée depuis 1an et je souhaite exercer au Royaume-Unis. J’aimerai avoir plus de précisions sur les démarches, est-il possible de se contacter?
    Merci d’avance!
    Ludivine

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